Source: ExternePour les réalisateurs ou scénaristes, les oeuvres littéraires sont une source inépuisable d'inspiration pour le petit ou le grand écran. Mais si l'adaptation est parfois fidèle à l'esprit du bouquin dont elle est issue, à l'image des réalisations de Claude Berri au cinéma ("Ensemble, c'est tout" et "Germinal" entre autres) et de la série de téléfilms "Chez Maupassant" sur France Télévision, force est de reconnaître que parfois, le scénario prend certaines libertés en s'éloignant de manière assez conséquente des fondamentaux de l'oeuvre littéraire qui sert de base à sa création, trahissant par là-même l'intention de l'auteur. L'un des exemples les plus frappants étant l'adaptation télévisuelle du roman "Deux petites filles en bleu", de Mary Higgins Clark, récemment rediffusée sur France 3. Pour avoir lu le bouquin, et notamment sa postface indiquant combien l'auteure s'était investie dans ses recherches sur la jémélité et le lien télépathique entre les jumeaux, on ne peut qu'être surpris et choqué de découvrir que cet aspect du livre se retrouve occulté du téléfilm.

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Source: ExterneEt si chaque écrivain rêve un jour que l'une de ses oeuvres soit adaptée, on est en droit de s'interroger sur la vision qu'en donnera le réalisateur ou le scénariste, et de craindre une trahison de notre intention d'auteur à travers une interprétation, une lecture biaisée de notre intrigue. Anne Goscinny s'est d'ailleurs longtemps opposée à l'adaptation cinématographique du héros créé par son papa : Le Petit Nicolas. En effet, elle ne voulait pas d'un film à sketchs, fragmentant toutes les petites histoires de l'oeuvre de René Goscinny, mais un film unitaire en reflétant l'esprit.

Du coup, on se dit que prendre les choses en main comme le fait Harlan Coben pour l'adaptation télé de son roman "Une chance de trop" (sur TF1, en cours de diffusion depuis jeudi dernier) est peut-être la solution idéale pour qu'elle soit le plus fidèle possible à ce qu'on avait imaginé. Et de fait, l'auteur américain est devenu ce qu'on appelle un show-runner, de façon à tout contrôler, du scénario au casting.

H.Coben

Cela passe d'abord par la réécriture intégrale dudit scénario, avec d'une part l'éradication de ce qui pourrait passer pour des longueurs inutiles à l'écran et casser le rythme de l'intrigue, afin de gagner en efficacité, et d'autre part par deux changements de taille : le héros du livre devient une héroïne dans la série, afin de susciter davantage l'empathie (le lien unissant une mère à son bébé de 6 mois étant généralement plus fort), et l'histoire ne se déroule plus à New-York mais à Paris.

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Le second aspect que l'auteur américain souhaitait contrôler, c'était le choix des acteurs pour jouer les personnages qu'il a imaginés. C'est donc lui qui les a choisis, Alexandra Lamy en tête (mais aussi Pascal Elbé, Hyppolite Girardot), en visionnant leur filmographie. Il a d'ailleurs été très surpris d'apprendre que l'ex-chouchou d' "Un gars, une fille" soit principalement connue pour ses rôles dans des comédies. Parce qu'il faut bien le dire, l'actrice crève littéralement l'écran.

A.Lamy

Résultat : Les deux premiers épisodes d' "Une chance de trop" ont réalisé un carton d'audience en réunissant 7,9 millions de téléspectateurs en prime time, et m'ont paru vraiment très réussis.

Harlan Coben a l'air tout aussi satisfait que le public puisqu'après avoir été adapté par deux fois à l'écran sur le sol français (dont "Ne le dis à personne", réalisé par Guillaume Canet), il compte poursuivre son histoire d'amour avec notre pays avec une nouvelle adaptation télévisuelle d'un de ses romans, toujours pour TF1.

Et si c'était lui qui détenait le secret d'une adaptation réussie ?

Klik-Aventador