Ils se sont aimés, et de par leur statut de stars, sont devenus des couples mythiques, de ceux qui ont fait et font encore rêver.

Et qu'importe si la passion ou l'amour qui les unissait n'a pas résisté à l'usure du temps, dans l'imaginaire collectif, ces couples d'amoureux légendaires restent pour la plupart éternels et ne s'étiolent jamais.

Ces légendes amoureuses, elles sont souvent portées par des oeuvres artistiques majeures qui ont ponctué ces idylles, oeuvres qui ont traversé les modes et marqué durablement l'univers musical ou cinématographique.

Ces oeuvres, ce sont clairement des déclarations d'amour. 

L'approche de la Saint-Valentin est l'occasion de faire un petit focus sur celles qui laissent les plus jolies empreintes...

- Serge Gainsbourg & Jane Birkin :

C'est LE couple qui défraya le plus la chronique en son temps, celui qui choqua la bienséance à maintes reprises. Et malgré leur rupture en 1980, l'amour entre eux ne se démentira jamais, ils resteront très liés. Le grand Serge continuera même par la suite à écrire des chansons pour Birkin (dont les paroles de Quoi, que j'emprunte pour le titre de mon article), "parce que je lui dois bien ça" disait-il. D'ailleurs, en dehors du fait qu'elle soit la mère de Charlotte, Jane fait indubitablement et légitimement partie du "clan Gainsbourg". Bien après son décès en 1991, la baby-doll anglaise dira de l'homme à la tête de chou : "J'ai vécu avec lui les années les plus légères et les plus gaies de ma vie d'adulte. C'est l'homme qui m'a fait le plus rire, après mon père. Il m'a offert une deuxième enfance."

Une drôle d'enfance quand même, ou alors l'enfance de sa vie d'adulte tant Gainsbourg et elle donneront d'eux une image très licencieuse.

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Ils se rencontrent en 1968, sur le tournage du film Slogan, et un an plus tard, leur duo sur "Je t'aime... moi non plus" fait scandale.

D'abord écrite à la demande de Brigitte Bardot, sa précédente maîtresse, qui voulait de lui "la plus belle chanson d'amour qu'il puisse imaginer", et enregistrée une première fois en 1967 avec la sulfureuse blonde, cette version initiale Gainsbourg-BB ne sera diffusée qu'une seule fois à la radio. En effet, sous la menace de l'allemand Gunter Sachs, alors époux de la tropézienne la plus célèbre de la planète, le disque ne sortira pas. 

Frustré de cet avortement musical, Gainsbourg souhaite enregistrer une nouvelle version avec sa nouvelle compagne, Jane Birkin, qui accepte. Le disque sort en février 1969 avec la mention, sur la couverture d'origine, "interdit aux moins de 21 ans" (âge de la majorité à l'époque). La révolution sexuelle n'en est alors qu'à ses balbutiements, et la jeune mannequin britannique n'a que 20 ans...

Condamnée par le Vatican qui qualifie la chanson d'obscène, elle sera de fait interdite sur les ondes radio italiennes le 25 août 1969, suédoises le 10 septembre, et espagnoles le 13 septembre de la même année. En cause, ce qui est qualifié de "duo en râles mineurs". Mais ce parfum de scandale n'entravera en rien le succès de ce titre, dont les ventes dépasseront les 750 000 exemplaires et lui permettront même d'atteindre le top 3 des ventes en Grande-Bretagne (un exploit pour une chanson francophone, qui ne sera égalé que 19 ans plus tard par une certaine Vanessa Paradis avec "Joe le taxi") avant d'être retiré des bacs.

Avec ce tube, Gainsbourg, qui a écrit nombre de textes érotiques, a initié l'explicit lyrics. Il faudra attendre Madonna, Mylène Farmer ou Francky Vincent pour que le sexe perde peu à peu de sa couleur tabou, même s'il restera condamné et condamnable par les plus puritains de ce monde.

 

-France Gall & Claude François :

France Gall, bien avant que Michel Berger ne devienne son époux et auteur-compositeur attitré en lui composant La déclaration d'amour, a vécu sa première histoire d'amour avec une autre célébrité : Claude François. Elle a 17 ans, il est encore marié et en a 25. Leur liaison sera donc secrète et passionnée. Houleuse aussi, Cloclo étant d'une jalousie maladive et ne supportant pas que sa compagne puisse éventuellement lui faire de l'ombre : il sera notamment odieux avec elle lorsqu'elle remportera le concours de l'Eurovision 1965 avec Poupée de cire, poupée de son.

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Après trois années d'une relation particulièrement chaotique (1964-1967), France quitte Claude. De cette rupture naîtra l'un des plus grands standards planétaires : Comme d'habitude.

Au départ, c'est juste une mélodie composée par Jacques Revaux : For me. Il la propose à de nombreux interprètes, dont Cloclo, qui la refusent. Le compositeur persiste auprès du chanteur et en une après-midi, au bord de la piscine du Moulin de Dannemois, ce dernier co-écrira les paroles en s'inspirant de sa récente rupture avec France. Sa chanson évoquera le thème de la vie quotidienne d'un couple qui se délite. 

Et l'intéressée dans tout ça, me direz-vous, qu'en a-t-elle pensé ? Dans une interview retranscrite dans l'Express en 2004, elle répond ceci : "Claude m'a dit que cette chanson m'était adressée, peut-être pour m'émouvoir mais je ne vois pas le rapport avec notre rupture... Parce que le monstre qu'il décrit dans la chanson ce n'est pas moi." 

Et cette chanson à la base, avait-elle d'emblée tout pour devenir l'un des plus grands standards internationaux ? Peut-être, mais ce n'était pas forcément perceptible de prime abord. 

En tout cas, et contrairement à ce qu'on peut penser, son succès à sa sortie, en novembre 1967, sera modeste. Son adaptation anglaise n'ira pas de soi non plus. La première version sera signée Bowie : Even a Fool Learns to Love. Mais de son propre aveu, les paroles n'étaient pas d'une qualité satisfaisante.

La seconde adaptation sera signée Paul Anka et s'intitulera My way. Elle ne contera plus une histoire d'amour finissante, mais plutôt la fin de vie d'un homme... Elle sera interprétée entre autres par Franck Sinitra et Elvis Presley, et deviendra un tube planétaire en 1969.

Pour Cloclo, ce sera la reconnaissance ultime, et depuis lors, sa chanson Comme d'habitude connaîtra quelque 1 200 reprises à travers le monde.

En 1968, il dédiera par ailleurs une autre chanson, moins connue, à France Gall : Reste, adaptation française de Jacques Plante de Beggin'  , du groupe The Four Seasons.

 Les deux ex-amants ne se reverront pas avant 1973 et devront attendre l'année suivante pour accepter de faire un duo pour un show télévisé.

 Fin de la première partie.

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