Aujourd'hui, je me suis arrêtée sur ce blog :

alphonsine

 

Au premier coup d’œil on voit que tu es très impliquée dans les lectures et que tu aimes les challenges. Pour cette année, tu as pour but de lire 1% de la rentrée littéraire 2015, vingt-six livres en suivant l’alphabet pour les auteurs, et un classique par mois. Est-ce vraiment réalisable ? Combien de livres vas-tu dévorer cette année ?
Réalisable ? Peut-être pas… mais c’est peut-être ça qui est drôle, au fond... 
Je dois aussi avouer que j’ai une petite astuce pour m’en sortir : pour certaines lectures, je cumule plusieurs challenges. Certains livres comptent double. 

En fait, l’idée des challenges, c’est surtout de donner une direction à mes lectures de l’année, car si je m’en tiens à mes principes et habitudes, je tourne rapidement en rond… Et pour ce qui est de 2016, difficile à dire (surtout que je ne chronique pas tout ce que je lis : j'évoque très rarement ce que je lis pour mes études). Mettons une centaine ? C’est plus ou moins ce que j’ai estimé avoir lu en 2015, et c’était un bon rythme. Je ne pense pas pouvoir faire plus.

Tu as décidé de relancer ton atelier d’écriture « les Z’envolés ». Peux-tu nous en dire plus ?
Alors, en fait, cet atelier a eu une histoire un peu mouvementée. Tout vient des jeux d’écriture que je pratiquais ça et là : des mots à placer sur un forum généraliste, la roulette russe de Jeunes Ecrivains, qui m’a inspiré plusieurs textes (parfois à retardement)… je me suis rendue compte que les contraintes m’inspiraient et j’ai voulu trouver de nouvelles consignes pour prolonger cette dynamique. J’ai cherché quelques ateliers d’écriture, ai participé aux rares d’entre eux qui avaient le bon goût d’être accessibles et gratuits, mais je n’ai pas toujours trouvé mon bonheur, et j’ai finalement voulu tenter l’expérience moi-même. Après un court essai sur forum, j’ai préféré rapatrier ça sur le blog littéraire, parce que tout centraliser me semblait une démarche plus cohérente.

Bon… ça ne dit pas comment ça marche. En fait, toutes les deux semaines, je donne une consigne (écrire à partir d'une citation, d'un procédé, etc.). C’est souvent plus lié à un thème qu’à une contrainte formelle, car j’aime bien avoir des textes de genres très différents : l’atelier pour moi, c’est l’occasion de pousser les gens à travailler ce qu’ils ont envie de travailler, et pas d’imposer une forme. La date butoir est souvent fixée à deux semaines après la révélation du sujet et qui veut se lance… 

C’est un atelier à petite échelle, on est entre trois à cinq-six participants par session. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est essayer une petite analyse croisée des textes à la fin du processus, pour essayer de dégager les échos ou les oppositions entre des textes en apparence très différents. Et ça complète bien pour moi les petits supports à l’inspiration que j’avais déjà trouvés ça et là sur le Net (et comme pour les challenges, quand je peux en concilier plusieurs, j'adore ça).

Tu as aussi un joli projet, qui s’appelle « Les Introuvables ». Une chronique dédiée aux livres qui sont sortis du circuit classique de l’édition. Des livres anciens, oubliés ou petites trouvailles de libraire, pour lesquels tu abordes en parallèle l’historique du livre. Où vas-tu dénicher ces Introuvables ? Et combien de temps cela te prend-il pour retrouver des informations ?
Ah, je suis très heureuse que tu me parles des Introuvables. C'est le projet le plus récent lié au blog, et un de ceux qui me tiennent le plus à cœur ! Alors, ces Introuvables, je les déniche parfois au boulot (j’ai la chance de travailler en bibliothèque patrimoniale), mais j’ai aussi une petite collection personnelle. Le premier que j’ai chroniqué venait d'ailleurs du grenier de ma grand-mère : c’était important pour moi de montrer qu’on pouvait tous avoir des trésors de ce genre près de nous, sans forcément le savoir. Pour le reste, j’ai quelques libraires anciens de prédilection, et je commande également sur Internet sur des réseaux spécialisés. J'ai vraiment l'intention, dans mon métier, de me spécialiser dans le livre ancien, et travailler sur cette chronique m'aide à fixer/consolider mes bases.

Une chronique des Introuvables me prend certes plus de temps qu’une chronique normale, disons que j’en ai pour quelques heures pour rassembler les informations (que j’ai souvent dans des bouquins ou des sites rassemblés pour mes concours, ma thèse etc.). Pour la dernière, j'ai un peu triché, j'ai utilisé plutôt mes lectures d'étudiante en lettres, mais pour la prochaine, je retourne davantage vers l'histoire du livre !

Parmi les défis plus anciens, on trouve le challenge Monopoly (bookopoly). Peux-tu nous en dire plus ?
Je dois avouer que celui-là n’a pas tenu longtemps. En fait, c’est un plateau comme les jeux de société, qu’on pouvait même imprimer (je l'avais fait et je coloriais les cases validées au fur et à mesure). Il s’agit ensuite de lancer un dé, et lire un livre selon la case sur laquelle on tombait. Les consignes étaient très variables, ça allait du « Lire un livre qui se passe dans une école » à « Lire un livre avec un nom de ville dedans » en passant par « Lire un livre écrit par une femme ». Je m’étais engagée sur un forum à faire trois fois le tour du plateau, mais finalement, je n’ai pas forcément toujours trouvé des lectures correspondant à mes envies et à la contrainte, alors j’ai laissé un peu tomber… mais je retenterai peut-être plus tard… Surtout qu’apparemment le plateau change tous les ans ! 
Pour ceux que ça intéresse, ça se passe sur le forum Babelio : http://www.babelio.com/forum/viewtopic.php?t=11637&sid=bb7f96ecf2a4a4b162ff10034eac3998

L’année passée, tu t’es focalisée sur des premiers romans. Quel auteur, découvert par ce biais, t’as le plus marqué ?

edouardlouis  laterre

Je ne vais pas être très originale, car j’ai été fort marquée par En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis. J'étais sortie de cette lecture sceptique, mais le style m'avait bien secouée, mine de rien. 
Mais je préfèrerais citer un auteur moins connu, alors je citerai Alessandro Civico avec La Terre sous les ongles. C’était un court roman, incisif, avec une réflexion intéressante sur la langue. J’ai gardé quelques réserves, parce que je suis pénible et que je pinaille, mais si je trouve chez un libraire ou en bibliothèque un autre livre de cet auteur, je me laisserai sans doute tenter. 

Tu lis un peu de tout, mais quel est ton genre littéraire préféré ?
Je crois que je n’ai pas de genre vraiment préféré. Ou alors ce qu’on appelle la « littérature blanche », en somme ce qui n’a pas vraiment de genre. J’ai même pendant très longtemps évité de lire de la littérature « de genre » parce que j’avais justement peur que les codes inhérents audit genre recouvrent la voix particulière de l’auteur. Jusqu’à ce que je comprenne que la littérature blanche avait aussi, d’une certaine façon, ses propres codes, ses propres clichés. Qu’il fallait s’aventurer dans des genres nouveaux, et qu’il y avait des perles partout. 

De tes lectures en 2015, quel est le livre coup de cœur qui te reste en mémoire ? 
Question difficile s’il en est ! Je crois tout de même que mon énorme coup de cœur de 2015, c’est Richard Brautigan. Je l’ai découvert grâce à un club de lecture de JE (où on devait lire Un privé à Babylone), et comme le ton m’avait séduite, je m’y suis replongée. Et c’est là que j’ai découvert Mémoires sauvés du vent. Une claque comme je n’en avais pas eue depuis longtemps.

memoirs

J’ai découvert que tu faisais « Le mardi sur son 31 ». Tous les mardis tu ouvres le livre en cours de lecture et choisis une ligne à cette page, que tu commentes pour un court billet. Comme j’ai trouvé l’idée excellente, j’ai ouvert le livre que je vais commencer et te donne donc pour réflexion cette phrase : « En Irlande, la terre se cabre devant l’océan. Les pointes de terre se ruent dans la mer, formant des gouffres ». Que t’inspires ce court passage du livre suédois « Le peigne de Cléopâtre»?
Je ne le fais plus trop en ce moment, mais il faudrait que je m’y remette en fait (c’est l’avantage du blog : la forme est fondamentalement mouvante, et on peut tester des trucs, les mettre de côté pendant un temps, s’y remettre ensuite, etc.) Je trouve que la phrase est assez intrigante : on imagine une atmosphère rude et sauvage, qui s’installera peut-être entre les personnages après avoir surgi du paysage. Ou alors ce n’est qu’une description posée là, qui n’a pas tant d’écho que ça dans l’œuvre… Quel est le rapport avec le titre, en plus ? Ce passage fait naître plein de questions. 

Merci beaucoup Alphonsine pour tes réponses, la découverte de ton blog a été un pur plaisir et donne envie de se mettre au défi. Bonne continuation !

Ton site : https://gnossiennes.wordpress.com/
Ta page FB : https://www.facebook.com/labibliotheque.alphonsine/Klik-Asyne