Soit. Entrons donc dans l'intimité de...

GEADORE.

 

[OFF]

 C'est à moi de parler ?

 Non, c'était la coupure pub pour te repoudrer le front.
Ah oui merci, il fait moite.

Ce sont mes mains, ça.

[/OFF]

Geadore écrire.

Geadore

[Représentation idéalisée de l’auteur. Source : fanpop.com]

Commençons... par le début : l'écriture.

Cela t'est venu naturellement, d'écrire des histoires, ou tu as dû passer un cap, te faire violence pour affronter la tant redoutée page blanche ?
Non, c'est un loisir donc je n'ai pas à me faire violence. Au début j'écrivais des poèmes… [Son regard se fait vague.] Je me souviens, c'était un été breton, j'avais onze ans, il y avait une tente dans le jardin et j'ai écrit mon premier poème sous cette tente, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, peut-être ai-je reçu la visite d'un esprit... Après j'ai écrit plein de poèmes, c’était ma période de mal-être adolescent, « mon Dieu je suis incomprise alors que j'ai tout compris à la vie et pas les autres »... et peu à peu j'ai perdu… 

Tes illusions sur la vie ?
Non, j'ai perdu l'envie d'écrire des poèmes… et j'ai commencé à écrire des histoires. 

Très touchant.

Tiens, en parlant d'histoires, tu disais que l'inspiration pour Extrasystole Macadam t'était venue lors d'un rêve ? C'est une manière habituelle pour toi de procéder ainsi ? Ça s'est passé de la même façon pour tes deux précédents récits ?
Je crois que oui, mais maintenant je ne me rappelle plus les rêves qui les ont inspirés... [Elle fixe un cafard, sur le mur.] Oui, je procède toujours ainsi, après avoir fait un rêve très puissant et où il y a un scénario assez élaboré ; ça crée la poussée/force initiale.

Fais-tu partie de ces chanceux qui gardent au matin un souvenir précis de leur rêve, où tu te retrouves en pleine nuit à noter fébrilement sur un carnet les bribes de ce que ton subconscient a entrevu ?
Non, je m'en souviens au matin.

D'ailleurs, tu prends quoi au ptit déj ?
En ce moment : céréales, lait de vache et jus d'orange industriel. 

Ah ! Je ne comprends pas les gens qui mélangent le lait et jus d'orange, quelle horreur.
Le lait c'est pour les céréales ! Je n'aime pas les céréales au jus d'orange.

Je me disais, aussi.

Dis-moi, quand donc une jeune femme active, parisienne de surcroît, trouve-t-elle le temps d'écrire ? J'ai cru comprendre que tu écrivais pas mal sur smartphone.
C'est à l'arrache et… mais oui c’est vrai ! j'ai écrit tout le début d’Extrasystole Macadam sur mon téléphone, je ne sais pas où tu as vu cette info, je ne me le rappelais même pas...

Impressionnée ?
Inquiète, plutôt.

[Nous lui faisons signe de poursuivre.]
Pardon, oui. Alors j’écris quand je suis dans le tram pour aller au travail. Maintenant, moins, car je profite des trajets pour dormir. Sinon, le soir sur PC, ou le week-end.

Hum. Tu n'as pas peur de perdre justement cette « spontanéité » de l'écriture sur smartphone façon Anna Todd ? À vouloir chercher le confort, ne crains-tu pas de t’affadir ?
Je n'y avais pas pensé, donc je n'en avais pas peur... Mais maintenant que tu me le dis, ça m'angoisse terriblement et je me demande si je ne vais pas définitivement arrêter d'écrire. Merci pour cette interview qui m'aura ouvert les yeux.

Tu es consciente que la majorité certains de nos lecteurs sont des gens incompris du monde et mal dans leur peau ? [Nous baissons la voix.] Allez, montre-z-y ce qu’une Geadore en mode winner dirait.
Okay, attends je fais une autre réponse. [Elle frappe du poing sur la table basse.] NON, je n'ai pas peur de perdre la spontanéité, car la spontanéité c'est un état d'esprit, qu'importe les conditions extérieures. Voilà.

Quel regard ! J’en ai des frissons. Ça tombe bien, tu sais ce qui me donne aussi des frissons ?
….

La poésie, bien sûr. 
[Elle éclate d'un rire soulagé.]

Geadore la poésie.

baudelaire

[Baudelaire – BDL, comme on dit aussi – à la pipe, selon Courbet.]

Tu disais avoir commencé l'écriture avec la poésie. Qu'est-ce qui a changé depuis, dans ta façon de voir, d'écrire la poésie ?
Au début c'était un besoin, j'en écrivais beaucoup beaucoup beaucoup (sans retravailler, plutôt en « écriture automatique »). Après il y a un moment où c'est devenu facile et assez bien je pense – quelle humilité ! – et j'en écrivais toujours beaucoup. Mais après, j'ai pris goût à écrire plutôt des histoires et à me servir de la poésie à l'intérieur de ces histoires, de manière moins condensée que dans un poème. Mais les poèmes maintenant, c'est plus difficile pour moi d'en faire, j'ai l'impression que j'ai perdu quelque chose et que c'est moins évident et pas tellement bon.

Oui, d'ailleurs certains commentaires des Extrasystoles insistent sur la poésie parfois absurde qui s'en dégage. Est-ce que tu envisages, je ne sais pas moi, que le mage Michel se mette soudain à déclamer de la poésie ?
Je n'y ai pas encore précisément pensé, mais ce n'est pas impossible en effet... En fait j'ai déjà fait ça dans l'histoire que j'ai écrite avant celle-ci, à un moment il y a un groupe de poètes et j'en profite pour mettre un poème... mais c'est une autre histoire. Et je me dis que c'est risqué aussi, parce que si c'est un mauvais poème et que dans l'histoire c'est censé être un beau poème, ça ne le fait pas trop, comprends-tu ?

Comprends-je. Je veux dire : je comprends, oui. On dit que l'auteur se dénude plus facilement dans un poème. Est-ce que les critiques - négatives - à l'encontre d'un poème te touchent plus que pour un roman comme les Extrasystoles, justement parce que tu te livres au regard du voyeur/lecteur ?
Aujourd'hui, non, ce serait même le contraire. Car si on me fait une critique négative sur un poème, je le comprends tout à fait, et ensuite ça n'a pas grande importance, ce n'est qu'un poème et je ne le destine à rien de grande envergure. En revanche les critiques sur ma manière de raconter mes histoires/romans (auxquels je tiens plus, car déjà ils sont fruit d'un peu plus de travail) sont plus contrariantes, car ça remet beaucoup de choses en question, et des choses de fond…

Merci Geadore, mais nous arrivons à la limite de mots autorisés par le comité de rédaction du Mag.
Oh…

Mais tu as le privilège de clôturer cette entrevue en lançant le jingle du morceau de musique qui va suivre, un morceau que tu as bien sûr choisi en rapport avec ton roman. Prête ? C’est à toi !
[Geadore sort une casquette siglée « NYC » de sous son pull, la pose visière en arrière sur sa tête, puis croise les bras au niveau des épaules. Elle a le regard noir et semble mâcher quelque chose de très amer. Le changement est effrayant.]

Ce morceau, je le dédicace à toutes mes sistas, celles qui se sont pris la vie en pleine face comme un platane au bout du macadam, parce que cette chanson s’appelle Macadam*, et que ça fait la moitié du titre de mon roman : Extrasystoles Macadam. [Elle finit par un bruit de scratch, avant de crier :] Thug life ! Remix, remiiiiix !

*https://www.youtube.com/watch?v=ktzmgG0wXWc

 

Bonus : Coupé au montage.

hilarous

 [1/2]

 […] Et c’est là que [BIIIIP] m’a dit qu’il avait surpris [BIIIIP] et [BIIIIP] en train de s’embrasser sur la CB – enfin pas vraiment, mais je crois qu’on navet jamais vu autant de :cœur: sur la CB depuis le départ de SugarPony69.

Nooon !
Siii ! Et attends, c’est pas tout : apparemment tout a commencé avec trucmuche qui avait trollé sur soi-disant que [BIIIIP] avait balancé un commentaire trop assassin sur le topic de [TUUUUT].

Attends… [TUUUUT] ? La meilleure amie de [BIIIIP] ?
Ouiii ! Du coup [BIIIIP] a répliqué sur l’HP (mais bon son com a été effacé au bout de cinq minutes par les modos en même temps tu m’étonnes, comparer [BIIIIP] à [WOOOOP]…), et finalement tout le monde a pensé que ça s’était tassé, vu que [TUUUUT] s’est expliquée IRL avec [BIIIIP] et…

Stop : [TUUUUT] et [BIIIIP] se sont vus IRL ?? C’est dingue, je suis au courant de rien, ici !
En même temps c’est de ta faute. Quelle idée d’avoir choisi Patrick Sébastien comme avatar…

Meilleure vente 2001 avec le Petit bonhomme en mousse !
Ouais, ouais…

Bon, et [BIIIIP], alors ?
Ben elle était pas au courant que [BIIIIP] et [TUUUUT] s’étaient rabibochés. Donc j’imagine qu’elle se connecte, elle voit que [BIIIIP] est sur la CB, et elle fonce direct comme ma petite sœur à un concert des One Direction.

Mais tu disais qu’ils s’embrassaient !
Ouais, mais ils ont commencé par s’insulter d’abord, une forme de préliminaires, j’imagine.

Donc tout est bien qui finit bien ?
Eh bien en fait… Non.

Non ?
Non. Le truc, c’est que [TUUUT] flashait secrètement sur [BIIIIP], mais qu’elle en avait pas parlé à [BIIIIP] (en fait j’étais la seule au courant, mais tu dis rien aux autres, hein ?). Du coup, devine qui se pointe sur la CB alors que [BIIIIP] et [BIIIIP] sont en pleine séance d’exhibitionnisme ?

Oh le malaise !
Ouais, et attends c’est pas tout parce que blablabla…

  

[2/2]

 […] Hum, c'est vrai que la paronomase dans la construction nietzschéenne... C'est quoi cette odeur ?
[Elle semble gênée.] Je ne sens rien, moi... 

Tu as le nez cautérisé ou quoi ? Je t'assure qu'on dirait qu'on vient d'ouvrir la bidoche d'un rat crevé.
Fais gaffe, sentir des odeurs ça peut être signe d'une tumeur au cerveau.

Ou le symptôme d'une alimentation trop riche. T'as mangé quoi avant de venir ?
Oh, juste un peu de kouign-amann, rien de trop lourd.

[Nous ouvrons la fenêtre.]
Bon, sur ce...

*tousse*
À la prochaine... peut-être ? 

Ouais, ouais, adios.
Hasta la vista, baïbééé.

*Tchipe*

 

 

Interviewer Oryctérope