Le Bistrot de la Scène est un petit endroit sympa et culturel (oui les deux ensemble), convivial, chaleureux, et tout et tout. Petit, hélas. Tant par les moyens que par la taille. En notre époque moderne d'internet, TV et cinéma, on peut encore s'asseoir devant une table en fer pour siroter un jus de fruit, ou même prendre un repas, et discuter du spectacle qui va commencer tout à l'heure.

J'étais venue assez peu de temps auparavant, et je m'équipe toujours en papier-crayon... Par contre, je n'ai pas l'habitude de réserver. Or, les places « à table » sont les premières attribuées aux réservations. Grand merci au bistroteur qui n'a pas pu venir et grâce auquel j'ai eu droit à une table au premier rang ! Confort qui m'a permis de crayombrer à vitesse TGV... jusqu'à ce que mes doigts réclament repos du travailleur.

TGV. Pour suivre les trépidantes aventures de Sherlock Holmes sur la lande des Baskerville, il fallait bien ça.

Elémentaire mon cher... Hé bien non. Pas Watson.

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Pour rétablir toute la vérité sur l'affaire du Dog des Baskerville, commençons par établir celle sur l'équipe de détectives qui la mena ! Point de médecin ayant servi aux Indes, mais en son lieu et place la charmante Imogène McFly (qui par un heureux hasard a effectué une thèse sur la fameuse légende). Le remplacement ne devrait poser aucun problème : elle tire des conclusions tout aussi erronées et manie le revolver avec encore plus de brio.

Pour le reste, ainsi que cela nous a été très justement souligné à la fin de la pièce, le texte de Conan Doyle n'a pas été écorné d'une virgule. Enfin... Presque. Enfin... Ca dépend comment on voit les choses.

Ainsi, quand Sir Henry se présente à Baker Street avec une chaussure noire et une chaussette rouge... Non. Dans le roman, il a une paire de rechange. De toute façon, à peine le gentleman a-t-il passé la porte que ses yeux se posent sur une divine créature. Cette fille-là, elle est terrible. Guitare. Coup de foudre en micro-intermède musical (il va y en avoir des tas, et ils sont tous cocassement sélectionnés, remaniés et mis en scène).

Il y a tout de même des répliques qu'on reconnaît parfaitement. Et des situations itou (bien que parfois plaisamment retournées).

Retour aux choses sérieuses. Exposé de l'affaire, etc. Ceux qui ont lu le roman...

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Ici, l'absence de Wastson va apporter une légère modification au synopsis. Ceux qui ont lu les lignes précédentes auront noté que Sir Henry n'est pas insensible au charme de Miss McFly. C'est réciproque. Dès lors, la mission que Holmes confie à son assistante d'escorter Sir Henry au château de Baskerville... On se rend compte dès le voyage en train que l'Ecosse est un pays très romantique.

Ne nous laissons pas perturber. Il y a un assassin caché sur la lande, et qui se fait passer pour un chien... Enfin... Ceux qui ont lu le roman savent qu'il y a bien un assassin sur la lande, et que le chien est aussi sur la lande, et que l'assassin du grand-père de Sir Henry [Chut! On ne spoile pas ceux qui n'ont pas lu le roman!]. Ce n'est assurément pas une petite romance qui va brouiller les pistes trop fort pour les yeux de Sherlock Holmes.

Même si le bagnard évadé, contrairement à moi qui suis avec le mien pile sous le nez du « bobbie » qui nous explique ça, ne fait pas usage de crayons mais de limes (variation musicale sur une chanson de Jo Dassin, trouvez laquelle). Même s'il fait joliment noir, sur la lande (ainsi que le chante le duo de détectives, sur l'air du tango des perceurs de coffre-fort). Même si la très laide épouse du très barbu majordome a coutume de faire des signaux lumineux pour causer avec son petit frère sur la lande. Et même si ledit majordome aimerait bien que Sir Henry et Miss McFly rangent leurs affaires au lieu de se faire des papouilles (et chante l'Internationale avant de s'occuper quand même des bagages laissés dans le chemin).

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Tout ceci étant joué

par deux personnes seulement.

Jean-Jacques Dorier & Catherine Chandon

en décor minimaliste

(cubes qui se tournent, se retournent et se déplacent selon les besoins, cadre doré portant quelques objets, et qui sera tour à tour miroir et arbre généalogique...)

en musique

(et avec mise en scène des instruments)

Deux semaines plus tôt, la compagnie Chickadee avait joué une autre pièce au Bistrot de la Scène : « Secrète Famille ». Plus de monde sur scène, mais moins de gestuelle pour mon crayon. Spectacle employant également des morceaux de musique connus. Commence en 1968.

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Pas la même époque, n'est-ce pas my dear ?

Dans les deux cas, une ambiance bondissante, à laquelle le public se trouve intégré.

Dans le Dog des Baskerville, d'abord par des petits cartons portant des questions à poser à Miss McFly, puis par le fait que c'est au travers de la salle que s'enfuit le coupable (non pas le chien, mais son maître).

On l'aura compris, il y a autant de « variation sur thème » à propos du texte qu'il y en a sur les chansons ponctuant le spectacle. L'histoire reste très fidèle, et surtout, elle est très joyeusement racontée.
 

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Pour ceux qui se demanderaient si, à la fin, Watson épouse Sir Henry...
Ah ? Personne ne s'est posé la question. Je remballe.

Et termine avec un petit copié-collé

depuis

le site de la

Compagnie Chickadee

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Texte :
Catherine Chandon
& Jean-Jacques Dorier

Chorégraphies et mise en scène :
Catherine Chandon

Arrangements vocaux :
Jean-Jacques Dorier

Costumes :
Juliette Flambard

Conseils artistiques :
Chantal Mairet

 

 

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