Fa-a-FaceElle est connue comme L’illusionniste sur le forum des Jeunes Écrivains, comme LiluDoll sur Deviantart, et MissMelomania sur Youtube, mais que sait-on d’elle réellement si ce n’est qu’elle a un sacré coup de crayon ? Bien peu de choses… Alors, enquêtons !

L’écriture et le dessin sont tes passions, un moyen de donner vie à tes rêves. Tu aimes aussi danser et t’installer à un piano. Quel est ton style d’écriture, ton dessinateur favori, la danse qui te fait aller sur la piste à tous les coups et ta composition préférée ?
-Oula, mon style d’écriture ? C’est encore en évolution et pas DU TOUT définitif ! Quand j’étais plus petite, j’aimais les phrases à rallonge avec très peu de ponctuations et beaucoup de descriptifs ; et maintenant j’opte pour des phrases légères, simples… mais « mélodieuses » ; J’aime écrire comme si c’était une poésie : qu’on y sente un rythme qui tient en haleine jusqu’au bout. Mais c’est tellement brouillon en ce moment que je n’ose plus montrer quoi que ce soit !!
- Mon dessinateur favori : Je ne dirais pas dessinateur, mais peintre, et de loin parmi tous ceux que j’ai pu découvrir dans ma courte vie… C’est Serge Van Khache. C’est un univers très détaillé, psychédélique, toujours sur un thème romantique avec des palettes de couleurs chaudes et rassurantes. 
-Que ce soit le jazz, les chansons françaises (avant la purée de pois des années 2010…), les valses, les rocks… le pied, la jambe, je suis tout à vous. (Mais surtout du ragtime… en fait : comme Sing sing sing de Benny Goodman en 1936 *bave sur le coin de la bouche*)
- Ma composition préférée restera de très loin le thème de Tifa que l’on retrouve dans la bande-son de Final Fantasy VII. C’est un peu mon cheval d’arçon, sur lequel j’ai vraiment progressé. Aujourd’hui, je n’ai plus la chance de jouer comme je le voudrais, mais ce thème, plus l’expérience acquise avec mes partitions classiques, me permettent de me faire plaisir et au risque même de composer un morceau que je perfectionne encore aujourd’hui. 

Serge Van Khache

(oeuvre de Serge Van Khache)

N’est-ce pas difficile de concilier autant de passions ? Arrives-tu à t’investir dans tout avec le même enthousiasme, ou quand l’un prend le pas les autres sont mis en pause ?
Il est dur de concilier tout un tas de passions à la fois, mais avec un peu d’organisation on y arrive bien ! ^^
En réalité chaque passion est un exutoire et une page tournée vers une autre évolution. La danse l’a été pendant 18 ans, le piano en parallèle pendant 14 ans. Puis l’écriture pendant quelques années et maintenant le dessin. À chacune de ces périodes, j’ai tenté de me perfectionner et d’en apprendre plus, afin de trouver un style qui me plaît et pour lequel que je peux être fière. Je ne danse plus aujourd’hui pour des raisons de santé et je fais moins de piano à cause de mes études. Aussi, je me suis concentrée sur l’écriture et le dessin, avec le même enthousiasme qu’avec mes premières passions. Parfois il y a des baisses de forme, le fameux « syndrome de la page blanche », qui s’applique aussi bien aux textes qu’aux esquisses. Mais ça revient toujours. Aujourd’hui, je suis plus dessinatrice dans l’âme qu’écrivain, mais j’aime me développer dans ces deux passions maintenant. Ce n’est pas facile avec tout ce qu’il faut faire dans la vie à côté, mais il faut savoir aussi se laisser aller à la rêverie. Sinon, nous serions que des machines.

premier regard(Un beau regard)

Quand as-tu commencé à écrire des histoires et à dessiner ?
J’ai commencé à dessiner très petite. Je partage cette passion avec une amie, rencontrée au bac à sable alors qu’on portait encore des couches ! Elle avait bien plus de talent que moi et elle m’a tout appris. Chaque été, quand on se revoyait à la plage, on prenait nos blocs de dessins et elle me montrait des esquisses. Elle me conseillait d’abord de dessiner avec des calques, puis à l’œil. Et le meilleur exercice qui a tout débloqué a été de dessiner des mangas. J’avais alors une très bonne vision de l’anatomie et c’est là que j’ai commencé à vouloir en faire un peu plus de mon côté. Aujourd’hui encore, elle m’apprend plein de choses. Mais c’est un peu grâce à elle si j’ai pu étendre mon expérience sur différents styles de dessins !
Quant à l’écriture… c’est une autre histoire. Tout a commencé en troisième, quand je devais rendre une nouvelle fantastique pour mon professeur, dans le cadre d’un concours d’écriture inter-collèges. Je n’ai pas gagné (ç’aurait été trop beau), mais j’ai pris goût à écrire à partir de là. D’abord des petits textes (certains ont été publiés sur le forum Jeunes Ecrivains), puis toujours deux romans dans la tête que je tente de perfectionner depuis 10 ans. Mais je ne trouve jamais les bons mots pour les démarrer, (Screugneugneu !) et je me sens si petite comparé à tous ces talents sur le forum JE que je n’ose plus rien publier ! 
M’enfin, j’ai bon espoir maintenant, j’ai pu écrire un chapitre qui me convient sans qu’il n’aille à la poubelle ! Vivement que ça continue !

Quand on parle de toi, il paraît que l’on met en avant ta gentillesse, mais il semblerait que tu saches aussi inventer les pires meurtres, tu peux nous en dire plus ?
Grande question ! Je dirais que je cache en moi une colère que je n’ai jamais éprouvée pour quiconque. Je suis de ces gens particuliers qui ne savent pas se mettre en colère. Littéralement : je pardonne, mais je n’oublie jamais. La phrase illustre en réalité une partie du roman que j’écris, où il fut un temps, je m’employais à décrire des scènes macabres désolantes. J’ai écrit peut-être deux, trois scènes. Mais elles explicitaient en réalité des colères que je réprimais et que je pensais être de la tristesse. Pas forcément envers des gens, mais plutôt envers des situations particulières.
Sous les émotions, nous sommes capables d’écrire bien des choses. C’est pour cela que j’encourage beaucoup de personnes à écrire tout ce qu’il leur passe par la tête quand ça ne va pas. Dans l’extrême de l’écriture, on se rend compte que certaines choses sont bien plus importantes que d’autres et on revient à l’essentiel. 
En réalité, nous sommes capables de tout écrire. Car nous sommes capables de tout éprouver. Même si cela semble infime. C’est parfois les choses les plus infimes qu’on ne contrôlera pas quand ça éclatera. Et savoir se comprendre. C’est l’essentiel pour toute une vie.

loup tribal(Loup tribal)

Où trouves-tu ton inspiration, que ce soit en matière d’écriture et de dessin ?
Tout est « sujet à inspiration » selon moi. Un film qui me prend aux tripes, une chanson motivante et entraînante, une sculpture étonnante, des rencontres singulières ou même tout simplement, notre vie quotidienne ! On s’étonne toujours de l’inspiration que peuvent avoir les autres, mais les plus farfelus ne cherchent pas plus loin que dans les livres qu’ils ont lus ou les scènes de vies qu’ils ont vécues. Car ces génies ont compris aussi que notre vie était aussi une histoire à raconter. Selon le point de vue de chacun, triste, drôle, émouvant ou morbide. À chacun d’exprimer son point de vue et la manière dont il perçoit le monde. Mais celui-ci mérite d’être conté, chanté, dessiné ! Car sa vie est belle, même si elle n’est pas simple ( et parce que j’aimerais vraiment que les licornes existent …) !

J’ai lu dans ta présentation d’auteur que tu peinais parfois à contrôler ton imagination débordante. Que se passe-t-il quand ça devient incontrôlable ?
Je m’y perds. Tout simplement ^^.

Cela m’est arrivé de penser de la même manière que mes personnages dans des moments d’hésitation. À ces moments où l’on ne veut pas faire face aux soucis de la réalité, et où l’on se perd aussi dans le souci d’aider autrui. Un univers du personnage pour lequel on aimerait le rendre parfait, car on a du mal à le perfectionner dans notre propre réalité. 

Mais c’est une thérapie mine de rien. Parfois, on y trouve des solutions auxquelles on ne s’attendait pas et tout redevient normal. Le tout est de ne pas se complaire dans la recherche du bonheur de ses personnages. Après tout, ils ne vivent que grâce à nous.

Jadis, ton mot préféré était « Amour ». L’est-il toujours aujourd’hui ? Retrouve-t-on l’amour dans tes dessins et si oui lequel est le plus représentatif ?
Toujours =)
Je dirais même que c’est dans ce forum que l’amour a pris tout son sens. On le retrouve dans quelques dessins, pas tous, il faut savoir les chercher ou en connaître la signification. Mais oui, il y en a.
Pour les plus curieux, le plus représentatif se nomme « Le Feu Follet ». On dit que ce genre d’esprit est présent dans les marais ou les forêts denses pour perdre les visiteurs qui s’y attardent. Je m’y suis perdue pour y être guidée quelque part.

feu follet(Le feu follet)

Tu vois ton futur métier plutôt en lien avec l’écriture ou le dessin ?
-Eh bien… dans tout l’opposé ! Car je suis dans une vocation qui n’est pas dans l’art, mais dans l’ingénierie Biomédical. Je compte pouvoir être un support entre le monde de l’ingénierie et le monde hospitalier, pour participer à l’évolution des dispositifs médicaux dans le cadre de la rééducation de personnes à mobilités réduites. C’est un travail de patience, mais j’arrive bientôt à la fin de mon master, et je compte continuer sur une formation Management et peut-être présenter une thèse (rien que ça. Regardez comment je me la pète. Ahlalalala, sortez les fourches ! Une hérétiiiiique !)
Le dessin et l’écriture feront toujours partie de ma vie et me permettent de rester créative dans mon travail et de ne pas stresser. Peut-être qu’un jour j’aurais l’audace de faire un book ou de publier un roman, mais pour le moment, c’est une passion que je chéris et qui me permet de m’épanouir dans ma vie professionnelle. Gardons cela comme ça. =)

Que cherches-tu à faire passer lorsque tu dessines ?
-Une phrase, une histoire, une sensation, une valeur, un descriptif. Mes dessins Burton auront tendance à exprimer plutôt une histoire au vu du détail que j’impose dans ces fresques. Le reste est uniquement à but de ressenti. J’ai envie d’illustrer mes histoires ou un état d’âme du moment. 

At the circus(At the circus)

Tu fais partie de l’amicale des illustrateurs du forum JE. Tu peux nous dire en quelques mots quels sont ton style et tes sujets de prédilections ? 
Eh bien, j’aime beaucoup les histoires fantastiques et les fictions ! Mais j’aime toutes les histoires. À partir du moment où c’est bien écrit et qu’on visualise la scène, on peut illustrer de belles choses. Après il faut que ce soit à la hauteur de ce qu’on lit et là c’est une autre histoire xD !

Es-tu toujours ouverte à l’idée d’illustrer des textes, des poèmes, donner vie à des personnages, des monstres, etc. ?
Toujours ! Caricaturer une photo, réaliser le rêve d’un écrivain et donner vie à une de ses idées, mettre un point final à la mélodie d’un poème… oui ! Tant que mes connaissances peuvent permettre aux gens d’avoir le sourire l’espace d’un instant, je suis contente !

Combien de temps te faut-il pour réaliser un dessin au crayon, au bic, au feutre, sur tablette graphique, à la wacom bambo pen & touch, à la wacom intuos pro médium ?
Au papier, ça ne me prend jamais plus de 4 à 5 heures. Je vais vite et parfois ce sont pour des esquisses toutes simples ou du recopiage à l’œil. À inclure donc le bic, le feutre et le crayon.
Ayant troqué la Bamboo fun Pen & Touch contre la Wacom Intuos Pro Medium (*bave sur le coin de la bouche*), le temps de dessin reste le même. Pour du Burton : je peux y passer plus de 3 mois, du réaliste : 7 heures, des esquisses japonaises : environ le même temps. Tout dépend de ce que j’imagine et ce que l’on me demande. Je suis dotée d’une grande patience et les délais peuvent être aussi courts que longs. Car parfois, c’est juste une question de détails à rajouter ou d’un ressenti à faire exprimer.

Okami Himiko(Okami Himiko)

De toutes ces possibilités, où va ta préférence ?
Sans hésitation le dessin Burton. Car c’est un style qui me correspond, que je connais, et que je sais faire à peu près pour toutes les situations. C’est devenu un art facile dans lequel je me repose, ce qui me permet de tenter de nouvelles expériences dans l’art japonais et le réalisme !

J’ai vu que cela t’amuses d’esquisser en moins d’une minute un personnage avec un minimum de traits. Je peux te mettre au défi ? Tu connais peut-être ma passion des vampires, comment le verrais-tu ? Top c’est parti, tu as une minute !
Attention les yeux, ça va pêter!!!

licorn10

Désolée... c'était trop tentant.
Fait en 30 secondes pour le vampire ^^

vampir10

Quel est le dessin dont tu es la plus fière et pourquoi ?
En réalité j’en ai deux. L’arbre de Vie (un grand arbre coloré avec des personnages installés dessus) et Un Beau regard (le portrait de Lilly Doll en noir et blanc). Les deux ont été dessinés à un moment important de ma vie et aussi pour tourner une page. Comme un lvl up en jeu vidéo ! (ou la musique de Link quand il trouve un rubis…)

L arbre de vie(L'arbre de vie)

Penses-tu un jour créer une BD ou des couvertures de roman ?
-J’ai déjà fait une couverture de roman pour un auteur, mais j’aimerais beaucoup dessiner pour d’autres personnes ! La BD… j’aimerais, mais dans ces conditions, je voudrais la faire pleine d’humour et… je suis peut-être excellente publique… mais mes vannes sont foireuses. XD

Sur quel projet d’écriture et de dessin travailles-tu actuellement ?
-Actuellement je travaille sur une esquisse Burton qui m’enquiquine depuis quelques mois. Une toile représentant un maître du cauchemar (Le Corbeau) et mon maître du rêve (Lilly Doll), tous deux prisonniers dans une même bulle à cause d’un démon qui a relié leurs deux esprits pendant une nuit d’Halloween. La scène fut écrite il y a déjà un moment, dans un petit scénario à quatre mains avec un autre auteur de JE. J’ai voulu l’illustrer pour marquer la beauté de la scène. =)
Quant à l’écriture, j’ai enfin commencé à écrire le roman de Lilly Doll, La Marionnettiste du quartier Septum. Peut-être que je publierai le prologue et les premiers chapitres un jour, mais il faut que j’ose le faire d’abord ! 

Ne serait-ce pas le moment d’oser faire le grand saut et d’offrir aux lecteurs ton prologue ? Dis-nous tout !


Prologue : L'Odeur.

« Elle était heureuse. La petite poupée sortant de son sommeil. »

 

« Elle venait tout juste de se lever. Une robe de soie et de satin était disposée sur son lit, rien que pour elle. Tout était là. Des jupons suspendus sur un chevalet, aux bijoux de cheveux pour la coiffer. Tout était prévu pour la rendre jolie et heureuse. 
Dieux qu’elle était contente. Elle chantait à tue-tête sa berceuse, s’aidant de ses amies mécaniques pour s’habiller. 
De biens étranges camarades que ces automates d’ailleurs. Capable de se mouvoir dans l’espace et répondre à l’appel silencieux de l’espiègle chérubin.

Elle les adorait tant elle aussi ; ses amies qui pouvaient jouer et vivre avec elle à toute heure de la journée. Non pas que la petite fille n’aimait pas la compagnie des autres enfants. Mais ils lui semblaient si différents : ils jouaient à la guerre ou aux adultes. Ils dénigraient les jeux de leur âge. Pourquoi devenir grand ? C’est bien plus amusant de rester petit et insouciant de tout. 

La jolie impératrice enfila sa robe de cérémonie. C’était un beau dimanche. Son tendre père lui avait promis de l’emmener près des cascades de la capitale, pour y pique-niquer. Elle avait déjà tout prévu : jeux de quilles, jeux de cartes, jeux de dés et bien sûr, jeux de marionnettes. Quelques morceaux de pain feront l’affaire et surtout, une tonne de viennoiseries ! L’adorable mutine raffolait de ces gourmandises, surtout celles avec du chocolat. Et c’est dans cette bonne humeur qu’elle descendit de sa chambre pour embrasser son père adoré.

Quand la porte d’entrée s’ouvrit brutalement. 

Un bruit métallique et répété qui se fit entendre avec fracas. De peur, elle s’était blottie dans les bras de son père qui faisait face à l’entrée. Une odeur de charcuterie embaumait la pièce de vie, laissant un goût amer en bouche ; trop forte pour la petite fille. Cinq hommes de métal étaient alors entrés dans leur maisonnée. Cinq brutes qui étaient vêtues d’écailles et de pics ; d’objets pointus à leur tête et à leur taille. Ils parlaient fort, et secouaient un papier avec leur bras désarticulé. Qui était ces monstres ? Qu’est-ce qu’ils voulaient ? 
Une main géante se posa alors sur la tête de l’enfant, avec douceur. L’aimant père la regardait de ses yeux ambrés, avec un magnifique sourire.
« Tout va bien se passer. Monte jouer dans ta chambre. D’accord ? »
Elle arrêta alors de pleurer. Elle ne voulait pas se séparer de lui mais il était tellement insistant. L’espiègle l’embrassa alors une dernière fois sur sa grosse joue, avant de grimper à l’étage comme il le lui avait gentiment demandé. Nichée du haut de son perchoir, elle attendit patiemment, inquiète.

Il se passa un long moment, avant qu’elle ne sursaute. Des cris d’animaux résonnèrent dans l’habitacle. La petite enfant se cacha alors derrière la rambarde des escaliers. Les bêtes en métal partaient de la maison avec son père, laissant la porte ouverte. Elle remarqua alors que l’un des cinq monstres portait deux baluchons de lin sur ses épaules. 
Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas. Hésitante, elle revint au lieu de tourmente, la curiosité l’amenant au milieu de la pièce. Elle remarqua alors qu’une porte était ouverte à sa droite, sous une alcôve. De la lumière y émanait faiblement, esquissant un petit escalier descendant. Elle respira un long moment, puis s’engouffra dans les ténèbres, emportant avec elle une lampe à huile, posée près de l’ouverture. 
Marche après marche, sa robe caressait le bois grinçant en rythme sous ses pas. Cela donnait une ambiance lourde et pesante au silence de ce tunnel, comme le tic-tac d’une horloge.

Arrivée au bout, les torches de la cave répandaient une lumière fébrile. Dans un coin, près de l’un des murs en pierre, se tenait une quinzaine, ou peut-être même plus, de petits baluchons aussi grands qu’elle. Elle renifla ; le parfum de viande s’était amplifié, l’obligeant à porter sa main potelée à sa bouche pour en atténuer l’odeur. 
En s’approchant des petits sacs, elle posa la lourde lampe à terre, près d’eux. La lumière vacilla, révélant pour l’une des besaces, des petits fils de crins noirs et épais, sortant discrètement de son ouverture. Penchant la tête de côté, elle effleura la corde enroulée autour du sac. Elle tira alors sur cette dernière, légèrement. 

Si légèrement. Que le sac de lin tomba à ses pieds, comme un rideau de scène en fin d’un acte. Expulsant dans sa chute, le reste d’une peau qui ne semblait pas animal, mais plutôt humaine. 

Non. 

Un humain. Sans os. Seul le crâne semblait resté intact avec la peau délicate. Et pas de sang. Si peu de rouge dans cette carcasse. Elle semblait légère… si légère.
Paniquée, elle en ouvrit un autre. Puis un autre. Les crins de cheveux variant entre le rouge, l’or, le brun, et le noir.
Tous ces corps avaient un visage horrifié. Un regard exorbité de peur et de supplication. Sur un dernier souvenir, stoppé d’un coup sec, résultant de leur état actuel. C’étaient des petites filles, pas plus grandes qu’elle. Pas plus vieilles. Dans l’un des cercueils de fortune, se cachaient même plusieurs nourrissons, qui n’avaient même pas un an.
Toutes sans exception, dénuées de vie, dénuées de squelette.

La lampe alors s’éteignit. Et le cœur de la petite fille se déchira en un cri effrayant et sinistre. C’est dans cet enfer de réalité qu’elle sombra dans l’inconscience.»

Un grand merci à l'Illusionniste de nous avoir éclairé un peu sur son parcours et ses projets. Si vous souhaitez en savoir plus sur son roman, vous pouvez lui faire signe sur le forum Jeunes Ecrivains.

Ses créations sur le forum JEhttp://jeunesecrivains.superforum.fr/t24998-realisations-les-dessins-et-esquisses-de-l-illusionniste
Ses créations sur Deviantarthttp://liludoll.deviantart.com/
Ses vidéos sur Youtubehttps://www.youtube.com/watch?v=K2n1lJC0THY et https://www.youtube.com/watch?v=ZYvCQ9nxr4g

Site du peintre Serge Van Khache : http://www.charentelibre.fr/2010/12/24/serge-van-khache-la-palette-de-l-artiste,1013080.php

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