Aujourd’hui, nous allons vous parler de L’Être De Plume, à la demande de l’auteure Hélène Benetreau.

 

Hélène Benetreau

4e de couverture

"Notre établissement héberge toutes sortes de patients. Chacun de nos étages est consacré à des catégories de personnes. Au troisième étage se reposent de vieilles personnes, au second, résident des rescapés d’une maladie incurable et enfin, au premier… Hum, dites-moi mademoiselle, savez-vous ce qu’est une phobie ? »
Ainsi, Julie Mésange, une jeune femme étrangère au monde, s’engage à soigner ces personnes atteintes de la « grande peur ». Rencontres, secrets et faux-semblants ; à travers sa correspondance avec une certaine Marie, la jeune femme contera son récit, ses états d’âme et ses raisonnements absurdes. Arrivera-t-elle à l’apogée de son engagement ?"


Née en 1998 dans la ville de Houilles en France, Hélène Benetreau est une jeune étudiante.
À l’âge de 16 ans, elle termine l’écriture de son premier roman, L’Être De Plume. Inspirée par les œuvres d’Albert Camus, notamment L’Étranger, elle utilise sa plume afin de transmettre sa vision du monde.
Ce livre vous fera rencontrer le monde symbolique de cette auteure, par une écriture affinée et réfléchie.

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Fa-a-Face

Bonjour, Hélène, et merci d’avoir fait appel à nous pour découvrir cet ouvrage. Avant de commencer, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, j’ai 18 ans et j’habite à Houilles. Actuellement, je suis en première année d’éducateur spécialisé et j’ai pour objectif dans ma vie privée et professionnelle de montrer l’importance du rôle de la philosophie dans le quotidien, contrairement à ce qu’enseigne l’école.

Qu’est-ce qui t’a donné l’idée d’écrire ce livre ?
Quand j’ai écrit ce livre, j’avais 16 ans, et j’étais au lycée en première littéraire. J’écrivais déjà des petites nouvelles au collège dans lesquelles je faisais part de mes idées, mes pensées sur le monde ou la société. J’avais vraiment besoin de poser mes réflexions, j’étais très curieuse et l’enseignement au collège ne me permettait pas de débattre ou d’exprimer mes opinions. Pourtant, ce besoin est resté, et je peux dire que c’est ce qui m’a toujours donné la soif d’écrire.                                              
Quand je suis arrivée au lycée, je pensais que j’y étudierais la philosophie. Hélas, il n’y en avait pas en première année, je me suis donc lancée dans l’écriture d’un livre par lequel je pourrai m’exprimer. Sachant qu’avant de rentrer en section littéraire, j’avais lu L’Etranger d’Albert Camus, et que ce livre m’avait beaucoup plus. Le personnage de Meursault me parlait beaucoup, et j’ai vite été intéressée par la dimension de l’absurde. C’est donc grâce à ce livre que j’ai décidé de mettre en scène un personnage qui me ressemble, mais qui représente aussi cette philosophie.

En ce qui concerne la trame de mon livre, elle m’est venue en regardant une série télévisée dans laquelle des personnes atteintes de phobies étaient toutes réunies dans une institution soignante. Ce sujet m’a beaucoup parlé, la psychologie m’intéressait déjà beaucoup. J’ai donc créé un lien entre les phobies et l’absurde. Le reste m’est venu tout seul, l’épistolaire étant une manière d’écrire qui pour moi fait vivre le personnage par le style de sa plume.

Tu dis que Julie est un personnage étrange, basé sur la philosophie de l’absurde. Pourrais-tu expliquer ce qu’est cette philosophie ?
Tout d’abord, je vais donner une définition type de l’absurde. Albert Camus, un auteur qui m’a fait découvrir cette philosophie, affirme que "L’absurde naît de la confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde." En outre, la philosophie absurde représente le désespoir de l’Homme qui se retrouve dans un monde dont il est prisonnier, sans aucune issue. De ce fait, cette philosophie amène à deux sortes de pensées. D’un côté, le pessimisme, c’est-à-dire que l’existence de l’Homme est insensée donc vouée à l’échec. Le temps par exemple est quelque chose qui angoisse et qui relève du désespoir. De l’autre côté, la révolte, l’Homme qui ne se laisse pas faire face à ce sentiment d’absurde, d’où l’idée de l’appel humain.

En ce qui concerne mon explication, je vois cette philosophie un peu différemment et je pense que chaque personne a sa propre interprétation de l’absurde. Selon moi, l’absurde est une contradiction de l’Homme entre ses intentions et ses actes finaux. Absurde signifie pour moi incohérence.  Pour faire simple, je vais vous donner un exemple : Dans l’Etranger d’Albert Camus, Meursault est condamné moralement pour ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère. La morale dit qu’il faut aimer ses parents, mais l’absurde répond : "Pourquoi ? Parce qu’ils nous ont créés ? N'est-ce pas narcissique ?"
Voici ce que j’appelle l’absurde. Dans mes écrits, j’essaye d’actualiser et d’adapter cette philosophie à notre société, de faire en sorte que tous puissent la comprendre. Je mets en relief des aspects illogiques de l’humain, ce qui n’est pas remis en question. Et c’est le but d’un personnage absurde, se révolter comme dit Albert Camus, mais aussi dénoncer et paraître fou ! 

Dans ce roman, tu abordes des sujets tels que le suicide, la peur, la religion, la vieillesse, la maladie, le rapport à l’animal, les maisons psychiatriques. N’est-ce pas difficile d’écrire sur des sujets si sensibles ?
Je ne dirai pas que c’est difficile, mais plutôt risqué. Risqué, parce que ce genre de sujets est abordé par les médias, mais aussi parce que trouver un public qui aime lire ce genre de chose, c’est très dur ! Cependant, je crois que l’écriture est un outil essentiel dans la transmission d’idées et qu’il contribue à changer les mentalités de chacun. Il est donc nécessaire de prendre des risques. De plus, je suis très curieuse, et donc j’ai besoin de comprendre ce qui m’entoure et de me faire ma propre idée. Ces thèmes m’ont toujours intéressé et d’ailleurs, j’essaye de leur donner une symbolique et un moyen de les appréhender positivement ! Je pense que c’est très important de ne pas se contenter d’en parler, il faut aussi proposer des solutions. Par contre, ce qui est dur, c’est de les aborder par écrit et de s’expliquer clairement dessus !

Quels ont été les retours des lecteurs ?
J’ai eu quelques jolies critiques qui m’ont beaucoup touchée. J’avais peur en écrivant ce livre que le lecteur ne comprenne pas ce que j’essaye de dire. Vous savez, le plus difficile dans l’écriture, c’est de s’expliquer clairement tout en restant dans l’histoire. Communiquer est très dur quand on écrit, car le lecteur n’est pas dans notre tête, et on se doit de respecter un ordre d’idées qui se suivent. En décidant de créer un personnage absurde, j’avais aussi peur que les lecteurs le condamnent ou décident de le mettre dans la catégorie "personnage cinglé ". Mais ce ne fut pas le cas, et j’en suis très contente !

Comment t’es venue l’idée de publier avec Edilivre et comment se passe la collaboration ?
Avant de m’orienter vers Edilivre, j’avais envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition qui m’ont toutes répondu positivement. Mais elles demandaient de l’argent en retour, ce que je n’ai pas accepté. Je n’ai pas envoyé mon manuscrit chez Gallimard ou d’autres grandes maisons d’édition, sachant la complexité à se faire accepter là-bas. J’ai donc choisi Edilivre, qui est une maison d’édition accessible. Beaucoup affirment qu’il s’agit d’une arnaque. Moi je démens, cette maison d’édition est très bien pour les auteurs inconnus, c’est très rare qu’il y ait des éditeurs qui donnent la chance aux jeunes auteurs. Même si je dois faire ma promotion toute seule, j’ai le droit à quelques interviews et à la participation au Salon du livre à Paris. Donc non, ce n’est pas une arnaque à partir du moment où tu ne paies pas ta publication.

Quels sont tes projets ?
Je suis en train de terminer mon second ouvrage, qui est très différent du premier, mais qui porte toujours sur l’absurde. Ce second livre est encore issu de mon état d’esprit sans expérience et c’est pourquoi j’ai voulu le terminer avant ma formation, ma confrontation avec l’autre. Dans le futur, j’espère continuer à écrire et j’aimerai grâce à cet art mettre en valeur la difficulté que rencontrent des personnes dont on ne parle jamais, en particulier ceux que je vais accompagner dans mon métier.

Merci pour ces renseignements Hélène, cela donnera certainement  envie aux lecteurs de découvrir ton livre. Bonne continuation !

 

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/LEtre-De-Plume-1483139055324387/

Sur Edilivre : https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/752846/s/l-etre-de-plume-25474fedf7/category/1566/#.V_ju5OCLSUk

Sur babelio : http://www.babelio.com/livres/Benetreau-Ltre-De-Plume/860889

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