la boiteuse

"Je n'aurais pu dire pourquoi cette certitude se glissait en moi comme un serpent froid entre mes omoplates. Seulement que je savais que mon salut ne passerait plus par lui ; une évidence monstrueuse qui ne me révoltait même pas. Wilfred ne viendrait plus." Trahie par Wilfred, qui l'a abandonnée seule et blessée au milieu des Highlands désertes, Aurore, revenue infirme d'Ecosse, se protège des autres et de l'amour comme elle le peut. La jeune femme se reconstruit à tâtons et étouffe en elle colère et angoisses, bien décidée à ne plus jamais entendre parler de celui qu'elle a tant aimé. Mais à la suite d'étranges révélations et de signes inquiétants, elle doit se résigner, malgré elle, à remonter sa piste. Tandis que le mystère s'épaissit, elle s'aperçoit que, prise au piège des apparences, elle s'est trompée sur lui. Découvrir la vérité sur Wilfred entraînera la jeune fille au coeur de lourds secrets et d'un terrible drame familial.

 

Couverture : Lors de la lecture je me suis dit que la personne ne ressemblait pas à l’héroïne, notée comme petite et boulotte. Mais par la suite, on comprend qu’elle a maigri et cela convient.

4e de couverture : il m’a suffisamment intrigué pour le commencer rapidement. 

J’ai reçu ce livre dans la box d’octobre de Mille et un livres, un site spécialisé dans les romans Young Adultes. Voici ce qu'il y avait d'autres : un sac en tissu, des cartes, un bijou, un marque-page et une interview exclusive de l'auteur.

box boiteuse

 

Roman : Ce roman touche le handicap, les secrets de famille, les histoires d’amour, la réflexion sur sa vie. Une belle histoire qui se lit très vite.
La lecture est aisée, on est très vite plongé avec les personnages dans ce récit. J’avais hâte de découvrir un secret surprenant et espérais ne pas être déçue par du déjà vu (même s’il s’agit d’un livre pour adolescents), et à aucun moment je n'ai ressenti cela.

Les scènes sont riches en vécu et les détails intéressants (comme le chocolat en « aliment absolu »). Parfois, il y a peu de mots, mais qui laissent la place à notre imagination, pour y ajouter un poids personnel.

La vie de l’héroïne n’est pas rose, elle en devient même pesante à la longue, mais un rebondissement  est bienvenu avec le retour d'un personnage accompagné de son groupe d'amis, ainsi qu’une lettre inattendue et un mystérieux rouquin. La discussion avec ce groupe commence à rendre louche toute cette histoire. Une discussion pose des pièces de puzzles, mais elles sont lancées sans encore s’attacher. C’est bien vu, intriguant. La visite aux parents de Wilfred met le feu aux poudres. On se fait avoir, il y a du mystère, et les révélations créent la réflexion. Vérités ou mensonges, le piège va-t-il se refermer ?

La fin est sombre, peut-être la plus efficace et simple pour achever en beauté cette histoire.

 Bilan : une agréable découverte de l'écriture de Françoise Grard, une belle histoire.

Mes questions

Lors de la lecture, je n’ai pas compris pourquoi Willfred est parti chercher du secours en emportant le sac de la fille. Ok, c’était utile pour la suite du récit, mais la raison m’a échappée.

Après son accident il est noté qu’elle ne sait plus nager. Est-ce réaliste suite à un temps relativement court d’immobilisme ?

 

Interview

Cette fois, je n’ai pas posé directement mes questions à l’auteur, mais je vous en confie une qui était inclue dans la box :

Quel est le message que vous souhaitiez faire passer à travers cette histoire ?
Il est toujours délicat d’évoquer l’intention d’un message dans un roman. Les événements apportés ont des chances, et c’est souhaitable, de résonner différemment dans les sensibilités des lecteurs. Mais je peux peut-être évoquer les émotions que j’ai éprouvées en écrivant « La Boiteuse ». En particulier la compassion que j’éprouve pour la jeunesse, cet âge que les clichés vantent comme le plus bel âge et qui me semble, d’expérience, la pire.

En effet, ce qui arrive à Aurore est grossi dans sa dimension catastrophique par le handicap que représente ses vingt ans : la naïveté qui l’aveugle face à Wilfred dont elle est tombée amoureuse et dont elle ne devine par la duplicité. Une duplicité qu’inspire au beau comédien sa propre détresse. Le besoin éperdu d’aimer qui l’habite à cause du double vide affectif dont elle souffre : sa mère morte et son père démissionnaire à l’autre bout du monde. À vingt ans, on n’est loin d’avoir liquidé son enfance. Enfin, l’orgueil maladroit qui l’a fait s’enfermer avec sa cheville blessée au lieu de profiter des secours de l’amitié.

Donc un âge où « l’on boîte sur le chemin de la vie ».