"Vanessa, Elsa, y’a qu’deux fleurs dans mon malheur…" : c’est ainsi que s’exprimait Doc Gyneco, alors en duo avec Yannick Noah sur la chanson Né ici lors du spectacle des Enfoirés 1997.

Pour autant, cela fait déjà bien longtemps que les deux artistes devenues femmes ne jouent plus dans la même cour !

Deux trajectoires, deux  carrières aux antipodes l’une de l’autre au cours desquelles l’image et les choix artistiques à un âge où il est difficile de s’affirmer ont été déterminants.

t_l_chargementEt pourtant, à la fin des eighties, alors qu’elles n’étaient que deux adolescentes starisées, personne n’aurait parié un kopeck sur la longévité de la blonde Paradis.

D’un côté, la sage et angélique Elsa (née le 20 mai 1973) , l’ado "bonne copine" dont il convenait d'aduler la fraîcheur, la timidité et l'innocence ; de l'autre la diablotine Lolita Vanessa (née le 22 décembre 1972), la "gamine" qu’il fallait à tout prix détester.

Et si, en 1988, le "bad boy" Florent Pagny avait préféré la brune, alors très charmeuse envers lui, à la blonde plus timorée, leur destin personnel et professionnel en aurait-il été bouleversé ? Possible car tout est finalement intimement lié. Il a 11 ans de plus qu'elles, et le fait que Vanessa emménage avec lui à l'âge de 16 ans entachera un peu plus sa sulfureuse réputation. Qu'aurait-on dit si Elsa avait fait de même ?vanessa_paradis_001

En tout cas, Elsa et Vanessa, ce sont deux styles que les médias de l’époque se plaisent à opposer, une même génération, des débuts quasi-simultanés.  Mais si la blonde et la brune n'étaient au fond pas si différentes l'une de l'autre ?

Retour sur le parcours des deux enfants-stars de la scène artistique.

Les premiers pas (1981-1986) :

1981 : Elsa Lunghini, nièce de l’actrice Marlène Jobert et cousine germaine d’Eva Green (future James Bond Girl), fait ses premiers pas au cinéma devant la caméra de Claude Miller dans le film Garde à vue, dans lequel elle joue le (petit) rôle de Camille face à Michel Serrault et Romy Schneider.

La même année, Vanessa Paradis, nièce de l’acteur Didier Pain (second rôle incontournable dans nombre de longs métrages) entonne ses premières notes sur un air de Philippe Chatel, Emilie Jolie, face au public de la célèbre émission de Jacques Martin : L’école des fans. Chanter sur scène, un rêve de gamine, elle qui accompagne partout son oncle… Problème : la môme Vanessa est trop âgée pour y participer. Qu’à cela ne tienne, un petit mensonge pour la rajeunir d’un an fera l’affaire !

Entre 1981 et 1986, la brune Elsa poursuit ses apparitions dans quelques longs métrages tandis que la blonde Paradis, désormais accro à la musique, enregistre son premier 45 tours en 1983 : La magie des surprises-party  (un collector qui vaut de nos jours une petite fortune), écrit par Les Forbans ("Chante, danse et mets tes baskets, chouette, c'est sympa tu verras..."). Une parenté musicale que la belle renie aujourd’hui (ben oui, Les Forbans, c’est devenu has been depuis), mais qui lui permet d’atteindre la seconde place d’un concours de chant européen,  le festival italien Ambrogino (en décembre 1985), équivalent junior de l’Eurovision, excusez du peu ! Mais faute de première place, le single n’aura droit à aucune diffusion commerciale.

La fulgurance des premiers succès (fin 1986-1990) :

Du coup, la première à connaître le succès, ce sera Elsa, qui devient à l’âge de 13 ans la plus jeune artiste n°1 du top 50 (8 semaines sur la plus haute marche du hit-parade) avec la chanson T’en va pas, extraite de la bande originale du film La femme de ma vie, dans lequel elle joue également. Adaptée en anglais (Papa, please don’t go) et récemment reprise par Joyce Jonathan sur la compil’ Les enfants du top 50, le single, initialement refusé par Jane Birkin, est LE tube incontournable d’Elsa puisqu’il s’écoulera à 1 300 000 exemplaires. C’est à lui que l’artiste doit sa notoriété, et c’est l’unique chanson de ses années adolescentes qu’elle n’oublie jamais de reprendre sur scène, même à l’âge adulte.

Quelques semaines plus tard (en 1987), la blonde Vanessa sortira elle aussi son single phare : Joe le taxi, n°1 au top 50 pendant 11 semaines, et surtout un succès planétaire (seule chanson française à avoir atteint l’exigent Top 3 en Angleterre près de 20 ans après Je t’aime… moi non plus du couple Gainsbourg/Birkin). Le 45 tours sort sur tous les continents (même aux States en 1989), caracole en tête des charts dans plusieurs pays et une version espagnole est même enregistrée. Vanessa ne l’oublie jamais non plus dans ses tours de chants, offrant ainsi à ses fans différentes versions de la chanson à laquelle elle doit tout (le meilleur comme le pire) allant du pop-rock à l’acoustique totale. Comme elle le dit à son public : "Cette chanson, elle est autant à vous qu’à moi"

En 1988, les deux ados sortent chacune leur premier album, et là, la courbe des ventes s’inverse au profit d’Elsa : 800 000 exemplaires (LP composé par son père Georges Lunghini) pour la brune contre 360 000 (essentiellement dans l’hexagone) pour M&J  de la paradisiaque blonde, qui s'est pourtant offert les services du célèbre parolier très "rive gauche" Etienne Roda-Gil.

Explications : Elsa et ses chansons très connotées adolescentes ne s’attirent les foudres de personne, elle représente l’innocence, la blanche colombe dans l’imagerie publique alors que Vanessa, au primo-succès plus éclatant, et avec un look de Lolita aguicheuse qui fait fantasmer tous les quadras, devient la star à abattre. Elle est détestée des jeunes de son âge (trop adulte dans ses attitudes), des femmes (pour qui elle est une dangereuse rivale), se fait insulter dans la rue, cracher au visage, et siffler par la profession lors de sa prestation (pourtant sans fausse note alors qu'elle n'entend même plus les musiciens qui l'accompagne) aux NRJ Music Awards au Midem de Cannes. De la jalousie pure, un acharnement, une haine qui auraient pu avoir raison de sa carrière (qu’elle faillit d'ailleurs arrêter), mais sa détermination et sa volonté de faire ce métier lui permettra de perdurer bien au-delà des pronostics qui lui prédisaient une longévité ridicule.

Mais si les médias les opposent, elles ne sont pourtant pas vraiment ennemies dans la vie, Vanessa précisant simplement et sans animosité qu’elle ne veut pas chanter le même style de chansons qu’Elsa parce que ça ne lui correspond pas, ça ne l’intéresse pas d’interpréter des titres qui ne parlent que d’états d’âme adolescents. Même si ça peut avoir de fâcheuses conséquences commerciales, notamment pour Manolo Manolete, un titre très adulte (avec un clip très cinématographique signé Elie Chouraquie) mais controversé à cause de sa thématique autour de la tauromachie. Eh oui, Miss Paradis sait ce qu’elle veut ou ne veut pas, et impose sa marque dès ses premiers pas dans l’univers de la variété : le "r " roulé du mot "rumba" dans  Joe le taxi, c’est son idée ! A tel point qu’elle enverra bouler assez sévèrement le Sieur Gainsbourg lorsqu’il lui proposera Lolycéenne : "Moi, je ne chanterai jamais ça !". L’homme à la tête de chou est donc prié de revoir sa copie pour que la chanson devienne Tandem. "J'ai craché les lyrics en 6 jours (pour la totalité de l'album), dira ce dernier, (...) Paradis c'est l'enfer !"

De son côté, même si Rien que pour ça (1990) se vend moins que le premier, le second LP d'Elsa (toujours composé par son papa) s'écoule tout de même à 300 000 exemplaires et elle devient alors la plus jeune artiste à l'affiche de L'Olympia.

Casser leur image (1989-1992) :

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C'est en partie pour se libérer des chaînes de sa Lolita attitude et de son étiquette d'artiste "préfabriquée" que Miss Paradis accepte le rôle de Mathilde dans Noce Blanche en 1989 (1 800 000 entrées). Un challenge qui lui permettra de décrocher un César et le Prix Romy Schneider en 1990. La critique salue l'actrice naissante et sa collaboration musicale avec Gainsbourg la même année lui vaudra sa première Victoire de la Musique (elle est à ce jour l'artiste féminine la plus titrée de cette cérémonie annuelle) pour son album Variations sur le même t'aime... (qui s'écoule à 450 000 exemplaires). La jeune femme y interprète l'amour mais version jeune femme, pas version adolescente. Il faut dire que la blonde a déjà une certaine expérience de la vie de couple, mais l'acharnement des médias finira par avoir raison de son idylle avec Pagny. Celui-ci la laisse partir pour enregistrer son troisième album à New-York de façon à ce qu'elle confirme la courbe ascendante de sa carrière musicale alors que la sienne est en berne (joli geste d'amour ultime de la part du futur juré de The Voice).

Comparativement, la brune Elsa se laissera guider jusqu’à son album Douce violence (1992 - papa Lunghini étant toujours à la barre), dans lequel elle casse son image de gentille adolescente pour se révéler plus femme (avec un changement de look affirmé). Oui, mais c’est trop tard, et s’il se vend à plus de 200 000 exemplaires, il marque déjà le déclin de la chanteuse sur la scène musicale. Le public ne l’a pas vue grandir et accepte mal cette féminité revendiquée et sexy, trop loin du souvenir de la môme qui chantait T’en va pas

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C'est aussi dans un rôle de jeune femme, à l'affiche du Retour de Casanova (1992), que le public la boudera. Elle y donne pourtant la réplique à Alain Delon et Fabrice Luchini, monte même les marches à Cannes pour l'occasion, mais rien n'y fera. Elle restera prisonnière de son image.

L'une décolle, l'autre reste en stand by (1992-2000) :

Semi-échec musical, échec cinématographique, Elsa mettra sa carrière entre parenthèses à la naissance de son fils et ne reviendra avec un quatrième album plus personnel qu'en 1996 :  Chaque jour est un long chemin (et sa version anglaise Everyday, uniquement diffusée à Taïwan !), dont elle écrit la quasi-totalité des textes. Si la critique lui est plutôt favorable, ce LP ne rencontre pas son public (55 000 exemplaires écoulés en France principalement). Un nouvel échec que sa maison de disque BMG France ne digère pas, et c'est la rupture de contrat après 10 ans de collaboration. Pour rebondir, son nouveau label EMI  Music sort une compilation de ses années fastes : Elsa, l'essentiel 1986-1993, évinçant volontairement le dernier disque de l'artiste. Sorti en 1997, il sera certifié disque d'or (100 000 exemplaires), démontrant ainsi qu'elle est restée l'éternelle jeune adolescente des années T'en va pas dans l'imaginaire collectif.

Elsa en 2015

Vanessa, elle, décolle autant en France qu'à l'international en devenant l'ambassadrice officielle de Chanel et en collaborant musicalement avec Lenny Kravitz (qui fut son compagnon à la ville) pour son troisième album Vanessa Paradis (1992). Ecrit sur mesure, il s'écoule à 700 000 exemplaires en France et à 1 200 000 dans le monde au terme de son exploitation. S'en suit une tournée live le Natural High Tour (une soixantaine de dates), immortalisé sur l'album Vanessa Paradis Live (1994). Parallèlement, elle confirme ses talents d'actrice au cinéma en étant à l'affiche de plusieurs films : Elisa aux côtés de Gérard Depardieu et Clotilde Courau (1995 - 2 500 000 entrées), Un amour de sorcière avec Jeanne Moreau et Jean Reno (1997), Une chance sur deux avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo (1998), La fille sur le pont dans lequel elle donne la réplique à Daniel Auteuil (1999). Si deux de ces films sont de semis-échecs, Elisa est un joli succès et La fille sur le pont connaît une belle carrière internationale (en particulier pour un film en noir et blanc).

Vanessa en 2016

Sur le plan personnel, les deux jeunes femmes sont toutes les deux comblées : la blonde Vanessa se met en couple avec Johnny Depp et donne naissance à sa fille Lily-Rose tandis que la brune Elsa conquiert le coeur du footballeur Bixente Lizarazu.

Des choix davantages artistiques que commerciaux (2000 à 2017) : 

Depuis le Retour de Casanova, la carrière d'actrice d'Elsa se joue principalement sur petit écran : La mort est rousse, Trois jours en juin au début des années 2000 ; Où es-tu, l'adaptation télé du roman éponyme de Marc Levy en 2007 ; Aveugle mais pas trop en 2009 ; La maison des Rocheville, saga France 2 de l'été 2010 ; quelques apparitions ponctuelles en guest dans certaines séries entre 2012 et 2017 (Section de recherche, Famille d'accueil, ou Cherif entre autres)

Sur le plan musical, elle sort son cinquième album De lave et de sève (2004), pour lequel elle signe une bonne partie des textes. D'autres artistes de marque y participent également, dont Benjamin Biolay (qui collaborera 10 ans plus tard avec Vanessa), Keren Ann et Etienne Daho. S'il ne connaît qu'un succès d'estime, il permet néanmoins à la chanteuse d'enchaîner une série de concerts à L'Européen en 2005, immortalisée sur un album live en 2006. Un nouvel élan qui lui permet d'envisager un dernier album studio pour lequel elle reprend son nom de famille Lunghini, dissocié de son patronyme de scène depuis 1986. Titre du LP : Elsa Lunghini (2008). Mais l'échec cuisant de celui-ci contraint l'artiste à annuler ses concerts parisiens et sa tournée.

Depuis 2015, avec son époux Aurélien Cheval, elle entreprend un voyage géographique et artistique mêlant la photographie, l'écriture et la musique : Vanishing Point, suivi de plusieurs expositions photographiques de leur périple. Ce projet, c'est Elsa qui en parle le mieux (extrait d'une interview accordée à Olivier Frégaville Arcas pour son blog "Dans l'oeil d'Olivier") : "Le point de départ de ce projet est la rencontre avec mon mari, qui  se cache derrière le pseudo « John ‘D.’ Spite »,  des envies et des centres d’intérêts communs, le goût du voyage et de l’itinérance. Tout ceci a été le déclencheur. Nous avons donc acheté un camion à la mesure de nos envies pour pouvoir assouvir notre curiosité et notre besoin « d’ailleurs ». Ensuite, chaque voyage en appelant un autre et les possibilités de créer à bord étant immenses, on a décidé de mêler ce qui nous touche, ce que l’on aime, l’écriture, l’image au sens large et la musique, pour pouvoir profiter de la route et de la liberté qu‘elle offre tout en créant sur différents supports et proposer un projet artistique polymorphe, un peu en dehors des sentiers battus. (...) 

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Tout voyage, quel qu’il soit, est immersif. C’est un peu ça qu’on propose : des enregistrements sonores qu’on appelle du « field-recording » qui retranscrivent l’espace sonore tel qu’on le perçoit (audible sur la plateforme freesound.org), de la musique qui inspire nos routes en faisant soit des covers soit des compositions originales (sur soundcloud), de l’image par le biais de la vidéo, de l’instantané ou même de nos écrits (sur notre blog)… il ne manque aux sens que le goût et le toucher… On essayera de partager des recettes qu’on croisera peut-être… Si tout cela arrive à toucher certaines personnes, les 5 sens seront conquis."  Vous pouvez vous faire une idée de son oeuvre sur son site, la photo ci-dessus lui étant empruntée (Le Maroc dans l'objectif d'Elsa) : 

L'intention artistique, c'est aussi ce qui guide principalement Vanessa depuis le début des années 2000. D'abord avec un album très personnel dans lequel elle évoque son bonheur tout neuf de femme et de mère comblée : Bliss (2000) qui s'écoule à 300 000 exemplaires. Puis, au cinéma avec L'homme qui a tué Dom Quichote, film dans lequel elle aurait dû partager l'affiche avec son compagnon Johnny Depp mais dont le tournage sera interrompu au bout de 3 semaines à la suite de nombreux incidents. Seul un making of sortira en 2003 : Lost in La Mancha. Et suite à une pause "maman-poule" après la naissance de son fils Jack (qui lui coûtera notamment le rôle d'Amélie Poulain dans son Fabuleux destin...), Mon Ange et Atomik Circus sont des choix qu'elle revendique mais qui seront des échecs au box-office. Résultat : suite à ces revers et pour la première fois de sa carrière, elle accepte un second rôle dans un film très noir, très sombre, très glauque de Guillaume Nicloux : La clef (2007), dans lequel elle consent à s'enlaidir pour les besoins du long métrage.

2007, c'est l'année de son retour en grâce sur la scène musicale avec son nouvel album Divinidylle, intégralement réalisé par son ami Mathieu Chedid, dont l'ambition était de crééer une véritable couleur, une véritable unité artistique pour cet opus. Résultat : 600 000 exemplaires écoulés et 2 Victoires de la musique. Succès qu'elle confirme avec un Best of "bilan de carrière" en 2010, soutenu par un single écrit par Gaëtan Roussel (ex-Louise Attaque) : Il y a. Là encore, le succès est au rendez-vous : 400 000 exemplaires vendus. Elle enchaîne par ailleurs les concerts, rock (Divinidylle Tour) ou plus acoustique (la plupart de ses titres sont alors réarrangés par Albin de la Simone). Pour Love Songs (2014), double-album studio réalisé par Benjamin Biolay, si la critique l'encense (Victoire de la musique), le succès public est moindre : 200 000 copies écoulées. Qu'importe, elle continue avec plaisir ses tournées, notamment de festivals. 

 

Côté cinéma, L'Arnacoeur (2010) sera son plus grand succès au box-office (3 800 000 entrées en France, 2 000 000 à l'étranger). En 2012, pour surmonter sa rupture avec Johnny Depp, la blonde paradisiaque multiplie les rôles, parfois très décalés, avec un certain bonheur puisqu'elle décrochera deux prix d'interprétation canadiens pour Café Le Flore. Enfin, en 2014, elle collabore par deux fois avec John Turturro dans Apprenti Gigolo (dans lequel elle partage l'affiche avec Woody Allen et Sharon Stone, et pour lequel elle interprète le titre Tu si na cosa grande) et Rio, I love you (dans le court-métrage Quand il n'y a plus d'amour, inspiré par sa chanson éponyme).

Deux destins uniques donc, deux trajectoires de deux femmes, deux artistes qui n'ont jamais choisi la facilité. Deux rivales qui ne se sont d'elles-mêmes jamais opposées l'une à l'autre.

NB : le site officiel de Vanessa Paradis : 

Vanessa Paradis - Nouvel album LOVE SONGS - site officiel

Découvrez Love Songs le nouvel album de Vanessa Paradis : les extraits, les paroles, les photos. Retrouvez aussi les dates de sa tournée, sa discographie complète, ses vidéos.

http://www.vanessaparadis.fr

 

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