Treize comme …Vendredi treize

Treize comme… le nombre d’apôtres assis à la Table De Jésus (Jésus inclus sinon ça fait douze)

Treize comme … les Bouches-du-Rhône

Treize comme…treize ans, le début de l’adolescence

Treize comme … Treize le Premier Roman d’Aurore Bègue paru chez Rue Fromentin

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Zeuh beginning :

Alice a treize ans (d’où le titre), elle a une sœur et des parents.

Annoncé comme ça, on dirait un roman Wattpad, mais pas du tout en fait. Le texte va au-delà de "Kikoo, je m’appelle Alice Parker (je vis à Arcy-sur-Aube, mais j’ai un blaze américain, cherche pas) et j’suis méga in love d’un gars de mon collège, mais il est trop arrogant t’as vu, et puis ma best le kiffe aussi. Keske je fais ?"

Source: Externe

Non.

Aurore Bègue retrace les premiers émois de l’adolescence avec bien plus de subtilité. Alice est une adolescente comme les autres. Mais vraiment, hein. Elle a des parents qui s’aiment plus ou moins bien, elle a des notes pas trop dégueulasses à l’école, et une sœur, Marie, avec qui elle s’entend un jour sur deux. Y’a pire.

 

Alors que va-t-il se passer dans la vie d’Alice ? Des idées ? Je vous laisse deviner…

— Alice a des super pouvoirs, elle se rend compte qu’elle peut tuer des gens à coups de peau de banane

— Alice apprend que son père, c’est pas son père en fait, mais le frère de la sœur du cousin du grand-père de Joseph d’Arimathie

— Alice découvre un passage secret qui débouche sur un monde parallèle avec des elfes et des orques dedans (et des chapeliers fous ressemblant à s’y méprendre à Johnny Depp)

— Alice rencontre par hasard Thor et Captain America en allant au marché, elle décide de rejoindre les Avengers

— Alice réalise enfin la signification du logo Carrefour (et y’a pas à dire, ça la chamboule) parce qu’elle a toujours cru voir un bonhomme à l’horizontal, ou une flèche à la limite, sans remarquer une seule seconde qu’il s’agit tout simplement d’un C dans un losange blanc.

— Alice grandit… et le monde autour rétrécit ?

 

Bingo ! C’est effectivement l’idée. Alice va grandir comme un pénis en érection, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience lui laissera quelques séquelles. Alice a deux problèmes en fait.

— Sa sœur

— Paul

 

La sœur d’Alice :

… est une bonnasse.

Source: Externe

 

Marie a seize ans et elle a des boobs, ainsi qu’un cul bien galbé. Bref, elle ressemble à un petit bout de femme. À un joli bout de femme (puisqu’elle a des boobs et un cul bien galbé). Marie fait tourner des têtes et Alice, c’est vrai qu’elle comprend pas bien. Elle voudrait être comme sa sœur, parce qu’être une planche à pain, c’est dur à vivre au quotidien. On ne la regarde pas, Alice, et quand on la regarde, on ne voit qu’une enfant. Elle est mignonne, mais sans plus. Marie en revanche, on la regarde, parce qu’elle est shaggable (c’est à dire baisable).

Alors certes.

Si tu faisais partie du clan des bonnasses étant ado, tu ne peux pas comprendre la détresse d’Alice. Mais si tout comme moi (allez, j’assume), tu bavais en silence sur Kévin, la superstar du lycée qui sortait avec Anne-Sophie, la blonde pulpeuse, si tout comme moi Le Monde Entier t’ignorait malgré tous tes efforts pour ressembler à une pétulante demoiselle sous les conseils avisés de Jeune &Jolie, alors TU SAIS.

Tu sais la douleur.

Tu sais la souffrance.

Que dis-je ? La détresse psychologique.

À toutes celles qui ont vécu dans l’ombre d’une sœur plus jolie, d’une cousine plus sexy, d’une meilleure amie plus calée sur « les choses de la vie », sachez que…

JE VOUS AI COMPRIS.

Et nous ne céderons pas. #Insoumises #Justice4All #JeSuisAlice

 Et puis Paul :

Ah Paul… collègue du papa d’Alice, la trentaine bien entamée, un sourire, une voix, un charme. Alice en tombe amoureuse.

C’est Paul qui bouscule la vie d’Alice. Déjà parce qu’il est beau, charismatique, toussa, toussa. Mais aussi parce qu’il en joue. Et quand on a treize ans, c’est dévastateur. Qui n’a pas eu un crush pour un adulte à treize ans ? (Ou quatorze ? On n’est pas à ça près) #DaddyIssues 

Je me reconnais pas mal en Alice. Pour avoir eu une fâcheuse tendance à m’enticher de mes profs (parce que mes posters d’Orlando Bloom ne me suffisaient plus, vous comprenez), oui, on peut dire que les émois d’Alice m’ont rappelé tout un tas de souvenirs.  Du genre : « Hihi, il m’a regardée ! Je te jure, il m’a regardée pendant trois secondes, il m’aime ! J’ai trop mes chances, hihi »

Source: Externe

Alors que…non.

Alice, Marie, Paul : le polygone amoureux que même Euclide, il a pas pu prévoir comment ça se terminerait !

On le sait depuis le début. Un drâmeuh va arriver. Ces vacances d’été seront cruciales pour Alice. Elle grandit et sa vie va réellement rétrécir à un moment. #TeaserDeOuf

 Dans un monde post-Disco et pré-Minikeums (rapport que nous sommes ici au début des années 90), dans un monde où l’on écoute encore de la musique sur cassette (celles que tu dois rembobiner à la pointe de ton stylo), dans un monde où ça passe encore de dire « pédé », Alice évolue et se cogne contre les murs. Parce que treize ans, ça fait mal au cul. Comme le dit si bien la grande philosophe post-moderne Britney Spears "I’m not a girl, not yet a woman". Et pour notre Alice, cet entre-deux s’avère difficile à gérer.  Qui suis-je ? Où vais-je ? Où est ma culotte à fleurs ? J'ai perdu mon tampon, merde.

Verdict :

99% Ahava Certified

Parce que : « La culpabilité est pernicieuse et ne se laisse pas vraiment apprivoiser : elle ne devient jamais plus légère. Elle est toujours ce tiraillement interne, ce trou béant creusé dans le cœur, ces pensées sans fond s’entremêlant dans le cerveau. Elle fait tellement partie de moi, j’y suis si habituée que les jours où elle n’est que légère, sous-jacente, je l’appelle en me torturant, comme on appuierait sur une dent douloureuse ».

Soyez pas deg' les biatches, Aurore Bègue sait écrire, a un véritable talent pour décrire les émotions et en extraire toute la justesse et l’intensité. T’façon moi, quand je lis Aurore Bègue, je pleure dans mon pantalon (oui, j’suis comme ça, je pleure dans mon pantalon, keske ça peut te faire ?) Sortez-vous les doigts du cul et achetez Treize. C’est tout. Lisez-le aussi, c’est mieux. 

 

 

Treize | Rue Fromentin

A treize ans, on est parfois plus réaliste que les autres. Alice sent avant tout le monde le drame qui se noue pendant ces vacances et va bouleverser toute son existence.

http://ruefromentin.com