l aura noire

Comment affronter le destin quand on est une ado comme les autres ?
Que l’on travaille d’arrache-pied pour devenir une sorcière-guérisseuse ?
Que l’on est amoureuse alors que c’est interdit ?
Qu’une terrible malédiction tue précisément tous ceux que vous aimez ?

Un démon majeur, tiré d’un sommeil séculaire, assoiffé de vengeance et de conquêtes, refait surface trois mille ans après l’Apocalypse qui a anéanti la Terre Arcane.
Dans ce nouvel univers, les arbres ont acquis une conscience, et les humains des pouvoirs singuliers. Ainsi en est-il de treize apprenties sorcières qui ignorent encore que le poids du monde repose sur leurs épaules. Et parmi elles, Louyse… choisie par la destinée pour barrer la route de cette force démoniaque.

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La couverture : est sublime et donne très envie de connaître ce monde, que ce soit par le paysage, le personnage central, le groupe de silhouettes ou l’écriture du titre. Louyse semble nous attendre.

La 4e de couverture : donne déjà une bonne idée de l’univers et de la complexité de ce monde.

Carte : dessinée par son fils. Je n’ai pas retrouvé tous les lieux dessus, mais elle  est agréable à découvrir.

La première page donne le ton et explique le choix du titre. Ecrit à la première personne, on entre en douceur dans le cursus scolaire des sorcières d’Isafjur (qui signifie « fidèles à la lumière »). L’opposition avec ce mal qui ronge est évidente et laisse présager de nombreux affrontements.

On fait connaissance avec les personnages : les Ringtrees (les soigneuses, propriétaires d’anneaux lumineux au poignet), les Révérés (les protecteurs de la cité) et cette mort qui rôde autour de Louyse. On rencontre brièvement des Rorquals (géants blonds des fjordes du Grands nord), des Krills (loups sauvages), des abyssins, et bien d’autres créatures encore qui agrémentent ce récit. C’est un pur bonheur de sortir des sentiers battus, car même si certains ont les oreilles longues, les populations  sont bien différentes de ce que l’on a vu jusqu’ici. Des personnages font un court passage dans l’histoire, mais amènent un gros plus dans l’ensemble, comme le révérés chercheur de temps. Il est intriguant et j’espère le revoir dans le tome 2, tout  comme j’espère rencontrer d’autres populations un peu plus en détails.

La plume de Ruberto Sanquer est très agréable, elle a su amener dans ses dialogues une modernité au code de la fantasy, le tout agrémenté de quelques mots peu usuels (c’est l’occasion d’enrichir son vocabulaire !). Il y a un mélange de passivité de la part des étudiantes (qui se doivent de suivre les règles) et de volonté. Leur caractère les fait fluctuer entre solidarité et antipathie, mais tous travaillent dur, le don de soi est très présent. Et même si les dirigeants sont un peu dépassés par moment, ils ne lâchent jamais rien. Tous les personnages sont attachants à leur manière.

Dans ce roman, l’auteur nous offre plusieurs points de vue : Louyse, le Démon et Dras, ce qui est très agréable et nous permet de mieux appréhender l’histoire. C’est un univers sombre, intriguant, rempli de secrets. Les souffrances seront au programme, que ce soit pour les sorcières ou pour le souffre-douleur du Démon.

Bilan : Une malédiction, un livre rose, des soutiens inattendus, un mal coriace, un pendentif protecteur, de la haine, de la solidarité, des coups, de l’amitié, du sang, des sentiments, des morts, des règlements enfreints, une sentinelle, le déni, la magie, la terreur, des protecteurs, le rejet, des épreuves, un mal insidieux, le conseil de discipline, une odeur d’Oliban et de thé, il y a tout pour une bonne lecture ! On ne s’ennuie pas une seule minute tant les événements s’enchaînent. C’est un monde riche accompagné de personnages passionnants, une histoire captivante qui laisse présager de nombreux challenges à venir. Si vous aimez le sabbat et la sorcellerie, plongez dans leur destin ! Mais attention, tout ne se déroule pas forcément comme prévu ;-) .

Fa-a-Face

Interview de Ruberto Sanquer

 

Ruberto Sanquer

J’ai fait la connaissance de l’auteur lors du festival du roman féminin. Nous dédicacions côte à côte et c’est tout naturellement que nous avons échangés nos romans (j’adore quand le hasard crée de belles rencontres !)

Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de créer ce monde, et combien de temps a été nécessaire pour écrire ce roman ?
J’ai toujours eu beaucoup d’imagination, quand j’étais petite c’était toujours moi qui inventais les aventures de nos jeux d’enfants. Le monde de la Terre Arcane est né un soir du siècle dernier, alors que je venais d’achever la lecture en 6 tomes du Chant de la Belgariade de Eddings. Je ne savais pas encore que j’allais écrire L’Aura Noire, ce n’est que bien plus tard, alors que j’attendais mon fils que je me suis mise à écrire. Mais le roman a vraiment pris forme lors d’un atelier d’écriture qui portait sur les techniques du roman. Atelier qui m’a permis de rencontrer une communauté d’auteurs qui sont devenus des amis chers, ainsi que Laure Pécher mon agent.

À Isafjur, il y a une fabrique de thé. Cette boisson tient une grande place dans ce roman. Si tu pouvais en créer une (et qui ne soit pas celle à l’armoise, trèfle et mauve) à quels arômes serait ton thé ?
Bois de vanille, fleurs de violettes, et écorces de cédrat. J’avoue que je ne m’installe jamais à ma table d’écriture sans me préparer une bonne théière.

Au début du roman, il y a une carte, mais on n’y retrouve pas tous les lieux, comme la sylve maudite. Est-ce que ton fils nous proposera une carte plus détaillée ou différente dans le tome suivant ?
Bonne idée ! Je vais lui demander s’il consent à établir une carte détaillée d’Isafjur – incluant la position de la Forêt Maudite – et qui serait bien utile pour la suite de l’histoire.

La majorité des événements se passent à l’intérieur de la cité et un peu dans la forêt à proximité. Est-ce que tu vas nous faire voyager un peu plus loin et rencontrer d’autres populations dans le tome 2 ?
Vu ce que je vous réserve du côté d’Isafjur, voyager sera un peu difficile. Mais toutefois l’histoire dépasse le cadre strict d’Isafjur, nous voyagerons même jusqu’aux Terres Isolées du grand nord.

Il y a de nombreux personnages dans ce roman. Comment arrives-tu à jongler avec autant de monde ? Est-ce que tu as créé ton « bestiaire » pour y parvenir ?
Pas de bestiaire, juste un univers très présent dans ma tête. Un peu comme quand dans tu descends faire les courses dans ton quartier et que tu connais tout le monde : pas besoin de faire des fiches sur les gens, non :-) ?

En même temps, tu n’es pas tendre avec tes personnages, certains perdent la vie au cours du récit. Ce qui ne tue pas rend plus fort, c’est ça ?
Je suis très attachée à mes personnages, ils font partie de moi. Honnêtement, ce n’était pas prémédité, mais l’histoire échappe parfois à tout contrôle et j’avoue avoir été la première choquée.

Les arbres ont une grande importance dans ton récit. Ils détiennent un rôle capital dans la guérison des hommes. Est-ce un moyen de passer un message de respect envers la nature ?
Nous faisons partie d’un grand tout, il est fondamental de respecter la nature, notre survie en dépend. Si vous avez des doutes, je vous recommande l’ouvrage suivant :

la vie secrete des arbres

La vie secrète des arbres – Ce qu’ils ressentent et comment ils communiquent
de Peter Wohllenben, traduit en 32 langues.

Dans L’Aura Noire, les arbres sont pratiquement des personnages… alors imaginez ma joie en découvrant quelques mois après, la parution de ce scientifique qui nous ouvre les portes de ce monde inconnu qu’est la forêt !

J’ai lu un retour de lectrice qui disait trouver sexiste le fait que les femmes œuvrent uniquement dans les soins et les hommes dans la protection. Personnellement, cela ne m’a pas du tout choqué de découvrir un monde aux tâches réparties de cette manière. Pourquoi as-tu voulu un monde ainsi ? Est-ce qu’il y aura des exceptions, une répartition des rôles différents dans la suite ?
Est-il sexiste de dire que les enfants malades se réfugient contre leur mère ? Quoi qu’il en soit cette répartition est largement chamboulée face aux événements qui affectent Isafjur par la suite.

« Nom d’une grenouille chauve en robe courte ! » Cette expression montre bien que l’on évolue dans un autre monde avec l’Aura noire. Est-ce que tu pourrais nous donner un avant-goût du tome 2 par le biais d’une expression ?
Nom d’un zombie de placard !

Je sais que tu termines en ce moment les corrections de la suite de l’Aura Noire. Combien de tomes prévois-tu ?
L’univers est assez riche pour donner matière à 30 tomes :-) mais c’est mon éditeur qui commande, avec une requête : que chaque histoire soit unique.

Travailles-tu sur d’autres projets et quelle est ton actualité ?

  • Le travail sur un roman absorbe toute mon actualité, j’écris Aura Noire, je me douche Aura Noire, je rêve Aura Noire, et je me lève avec mes personnages :-) .
  • J’échange régulièrement avec mon cercle d’amis auteurs, les Ecriverons, rencontrés au cours d’un atelier d’écriture.
  • Je suis aussi bêta lectrice quand l’occasion se présente, notamment de Cali Keys.
  • Et je suis en train de répondre à un appel à texte.

Je te remercie d’avoir partagé un peu de ton univers avec nous. Je te souhaite une belle continuation et me réjouis de découvrir la suite des aventures de Louyse.

 

La page Facebook de l’auteurKlik-Asyne