Dans ce dernier épisode relatif à l'amour, Saint-Valentin oblige (c'était hier pour les distraits), j'ai choisi de vous présenter mes films préférés sur ce thème, même s'il n'en est pas forcément le sujet central. Car oui, je m'écarte volontairement des sentiers battus de la comédie romantique pour lui préférer des longs métrages plus dramatiques ou plus sombres pour la plupart. Parce que, qu'on se le dise, je ne suis pas pour les happy-ends systématiques...

  • "Ce que le jour doit à la nuit" (2012) d'Alexandre Arcady d'après le roman éponyme de Yasmina Khadra :

Ce film est une superbe fresque algérienne sur fond colonial brisé par la guerre d’indépendance. Et s'il peint la douceur de vivre de l’avant-guerre, les dissensions raciales entre riches colons et arabes aux conditions de vie plus précaires, la mixité, la guerre et les scissions qu’elle provoque, c’est surtout la magnifique histoire d’un amour impossible entre Emilie et Jonas/Younès, étouffé par une promesse qu’il tiendra toute sa vie mais les rendra malheureux tous les deux. La fin m’a vraiment saisi au coeur, et la citation de l’auteur du roman d'origine conclut magistralement ce chef-d’oeuvre :« Celui qui passe à côté de la plus belle histoire d’amour de sa vie n’aura que l’âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme... ». Tout est dit...

  • "Les adoptés" (2011) de et avec Mélanie Laurent :

Long métrage plutôt intimiste et à fleur de peau, j'ai vraiment été touché par cette très jolie première oeuvre. Et si elle démarre comme une comédie romantique, elle est de plus en plus émouvante à mesure qu'on avance dans le film, avec un dénouement qui m'a cueilli, littéralement. Marine, Lisa (deux soeurs adoptives) et Millie (leur maman) vivent entre filles dans un parfait équilibre (le seul mec de la maison est le jeune gamin de Lisa). Et puis, Alex fait irruption dans la vie de Marine, ils sortent ensemble, une relation amoureuse s'ébauche et bouleverse l'équilibre des trois filles (surtout celui de Lisa, jalouse de cette relation). Jusqu'à ce qu'un drame survienne. Lisa et Alex n'auront alors pas d'autre choix que celui de s'apprivoiser mutuellement dans la douleur et l'amour qu'ils portent tous deux à Marine. Un film d'une extrême justesse teintée d'une réelle poésie sans mièvrerie. 

  • "Pour elle" (2008) de Fred Cavayé :

Là encore, une première oeuvre cinématographique, mais qui n'a rien du classique film à l'eau de rose : c'est un thriller coup de poing ! Imaginez un peu le topo : vous êtes mariés avec la femme de votre vie, heureux, papa d'un jeune garçon, et du jour au lendemain, la police débarque chez vous et embarque votre moitié pour meurtre. Et malgré son innocence, elle est condamnée à un long séjour en prison. Que feriez-vous par amour pour elle, sachant qu'elle s'y laisse dépérir, et que votre gamin grandit sans elle, déteste la visiter en taule ? Seriez-vous prêt à tout sacrifier "pour elle", pour la sauver ?

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  • "Un secret" (2007) de Claude Miller, adaptation du roman autobiographique de Philippe Grimbert :

On idéalise toujours l'histoire de ses parents. Philippe idéalise celle des siens (Patrick Bruel et Cécile de France), mais pressent un lourd secret et l'existence d'un frère aîné qui n'aurait pas survécu. Mais le jour de ses 15 ans, une voisine lui révèle la vérité, à la fois si proche et si éloignée de ce qu'il s'imaginait. L'histoire d'un amour adultère sur fond de Shoah, aux conséquences dramatiques. Superbe et bouleversant à la fois.

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  • "Là-bas, mon pays..." (2000) d'Alexandre Arcady :

Quasiment introuvable en DVD, et injustement méconnu, « Là-bas, mon pays... » ne fut, à l’époque de sa sortie, que très peu diffusé dans les cinémas nationaux. Je me souviens être allé le voir dans une petite salle inconfortable de la banlieue annécienne, un cinéma de quartier à l’affiche duquel il n’était resté que quinze jours…

Antoine de Caunes y campe Pierre Nivel, un présentateur de JT pied-noir dont la vie bien rangée, bien ordonnée, est bouleversée par un appel à l’aide de son amour de jeunesse, Leïla, qu’il n’a jamais oubliée. Elle a besoin de lui pour sauver sa fille d’un réseau intégriste algérien qu’elle a défié. Et pour cela, il va devoir revenir dans cette Algérie qu’il a quittée à contre-coeur trente ans plus tôt, en ravivant ses souvenirs d’adolescence et l’incandescence de cet amour déchiré par la guerre d’indépendance.

Tout est d’une beauté incroyable dans ce long métrage, l’admiration d’Amina - la fille de Leïla - pour Pierre, et qu’il se refuse à consumer, l’amour qu’ont toujours éprouvé l’un pour l’autre Pierre et Leïla… Mais surtout, il y a cette scène déchirante sur le port d’Alger, de deux adolescents amoureux fous l’un de l’autre, séparés par un grillage et contraints de se quitter. Pierre promet alors à Leïla qu’il reviendra. Trente ans plus tard, il est là, mais leur amour est encore moins possible qu’auparavant.

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  • "La fille sur le pont" (1999) de Patrice Leconte 

C'est une histoire d'amour sans le dire, et pour l'anecdote, Vanessa Paradis rejoindra régulièrement, entre le tournage de deux scènes, son nouvel amoureux dans un hôtel parisien : un certain Johnny Depp.

De l'aveu même de l'actrice, Adèle est le rôle le plus magique qui lui ait été donné de jouer. Cette étrange love story atypique, filmée en noir et blanc, se veut intemporelle en rendant un hommage appuyé au cinéma classique d'avant-guerre. C'est un long métrage très original, à l'image impeccable et aux dialogues finement ciselés. Une éverie itinérante...

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(To be continued...)

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