Club-LectureJe voulais vous faire part d'une jolie découverte : celle d'un roman qui, a priori, ne paie pas de mine. La couverture ne donne pas spécialement envie (et n'est même pas raccord avec la tenue du petit garçon kidnappé) et l'histoire en elle-même n'a rien d'extraordinaire.Voyez plutôt ce qu'en dit le quatrième de couverture :

"Bristol, par un beau dimanche d'automne.
Rachel et Ben, son petit garçon de 8 ans, se promènent en forêt. Débordant d'énergie, Ben demande à sa mère l'autorisation de courir quelques mètres devant. Rachel accepte sans se méfier. Au bout du chemin, l'angoisse la saisit : Ben a disparu. La police fait des recherches, mais en vain. L'affaire s'emballe et les médias s'en mêlent. Le rôle d'une mère n'est-il pas de protéger son enfant ? Rongée par le doute, assaillie par la violence de ceux qui la croient coupable, Rachel ne sais plus quoi faire. Attendre que les forces de l'ordre lui ramènent son fils ou suivre son instinct de mère et partir d'elle-même à sa recherche ?"

Banal en apparence donc, premier roman d'une auteure britannique qui plus est.

indexSeulement, comme le disait Jean-Pierre Melville, cinéaste de la Nouvelle Vague, "(...) le traitement de l'histoire (...) est beaucoup plus important que l'histoire en elle-même." Et ici, c'est véritablement la façon de raconter l'histoire qui fait toute la différence.

Il y a tout d'abord un souci de réalisme assez saisissant, très documenté sur la façon de conduire une enquête de ce type Outre-Manche, presque en temps réel (étalé sur 7 jours). Sans esbroufe spectaculaire ni détails sanguignolants superflus. Revers de la médaille, on n'avance pas plus vite que la police en conjectures, et piétine autant qu'elle les 300 premières pages (sur 600). Sans ennui toutefois. D'une part parce que le récit se fait majoritairement à deux voix (ponctué parfois par des extraits de blogs ou compte-rendus psychologiques), et d'autre part parce que la psychologie des personnages est très fouillée et rend le roman aussi prenant que... réaliste encore une fois. Le tout écrit avec une qualité de plume remarquable, vraiment. On voit tout, on ressent tout. Certains chapitres sont même époustoufflants de ce point de vue. J'ai également apprécié que le very happy-ending ne soit pas systématique.

Il subsiste quelques défauts bien sûr, comme un dénouement un peu en deçà du reste de l'intrigue, mais finalement assez fidèle aux interrogations qu'on peut tous se poser face à l'horreur d'un fait divers ordinaire, et un épilogue un peu trop long, bien qu'extrêmement émouvant.

Des broutilles pour ce qui reste une excellente surprise et me poussera sans doute à m'intéresser aux autres oeuvres de l'auteure. Gilly Macmillan, une écrivaine à suivre, assurément !

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