JE-lectures

Zola... Pour celles et ceux qui ne l'ont jamais lu, l'oeuvre de ce chef de file du Naturalisme (dont se réclamait également Maupassant) est réputée plutôt ennuyeuse avec ses interminables descriptions noyant à elles seules son intrigue.

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Adolescent, c'est avec cette vision préconsue que j'abordais, contraint et forcé, la lecture du 11ème tome de la suite romanesque Les Rougon-Macquart : Au bonheur des dames. Ouf, j'échappais à L'assommoir, c'était toujours ça de pris.

Sans grand enthousiasme, j'attaquai donc ce roman, dont le quatrième de couverture ne me paraissait guère engageant.

"Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie."

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Et pourtant, pourtant je fus happé par la narration de Zola, sa verve sans jamais ressentir une seule once d'ennui. Est-ce parce que j'ai toujours été fasciné par le Paris Haussmannien, avant même d'en étudier l'histoire et l'architecture ? Peut-être...

Toujours est-il que près de trente ans après sa lecture, j'ai encore en mémoire la description flamboyante que son auteur fait de ce grand magasin qui donne son titre à l'ouvrage, son gigantisme, la valse de son personnel, les rapports hiérarchiques et l'analyse sociétale des bouleversements de l'époque, disséqués de manière très détaillée certes, mais sans jamais nuire à l'intrigue. Un peu comme si ce grand magasin était à lui seul un personnage du roman.

Je me souviens surtout de l'opulence des rayons, de cette déferlente de couleurs presque agressive. C'est ce qui me reste le plus aujourd'hui, avec l'ambiance très authentique de cette seconde moitié du 19ème siècle que j'aime tant.

Au final et contre toute attente, Au bonheur des dames me laisse plutôt un bon souvenir, bien meilleur que celui que m'a procuré Manon Lescaut, de L'Abbé Prévost, un classique que j'ai proprement détesté.

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