Si je vous dis que ce « Faust » est un spectacle de marionnettes... Vous allez peut-être vous gondoler sur votre chaise. Pourtant, c'en est un, et vraiment, il vaut le détour. Si j'ajoute qu'au lieu de pratiquer la magie, le Dr Faust s'intéresse à l'informatique, vous risquez d'afficher une grimace dubitative. Pourtant, le résultat obtenu est excellent. Si, pour compléter, je précise que le tout est orchestré par un Bon Ange pianiste et un Mauvais Ange marionnettiste, comment réagissez-vous ?

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Un scénario basé sur plusieurs versions de Faust. Le final, où Faust tente de revendre son contrat avec le Diable, date du XIX°. Y parvient-il ? Ah, ah... On vend tellement de choses à la Bourse...
Un décor sommaire et impressionnant. La scène est peu éclairée, pour ne montrer toujours que l'endroit où il se passe quelque chose. Au début, un amoncellement de livres, dont certains s'élèvent en porche et qui représente le cabinet de travail du Dr Faust. Il s'y trouve aussi un globe terrestre, un ordinateur portable et un destructeur de documents. Au fond de la pièce, créant un certain malaise, un « écorché » peut s'interpréter comme un rappel de la condition humaine ou une allusion à la science médicale. Cet écorché, c'est le démon Méphisto, tout prêt à s'animer quand Faust tape son adresse son internet.
Car de nos jours, les démons s'invoquent via le web.
Et oui. C'est comme ça.

Durant une assez longue partie du spectacle, j'ai eu l'impression que Faust et Méphisto rétrécissaient de plus en plus. Je me suis demandé si, à la fin, le Mauvais Ange allait les mettre dans sa poche. Finalement, non... Sur la fin, Faust reprend un peu de volume. Et même beaucoup de volume, pour les saluts, en forme d'épilogue.

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Saluons en passant la fabrication des marionnettes, car malgré le nombre réduit des protagonistes (Faust, deux amis à lui, Méphisto, Marguerite, son frère...) tout cela a exigé un nombre de figures assez important, et sculptées de façon très détaillées.
Point de détail assez troublant : j'ai eu l'impression que Faust ressemblait à son manipulateur... Peut-être, au grand jour, n'aurais-je pas eu la même sensation, mais c'était tout de même... Hum... Impressionnant !
Et... Est-ce un hasard si la maison de Marguerite se trouve sur le piano du Bon Ange ?
Hum-hum...

Adaptation par Emilie Valantin et Jean Sclavis
Marionnettes fabriquées par Emilie Valantin
Marrionnettiste : Jean Sclavis
Pianiste : Elie Granger
Lumières : Gilles Drouhard

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Festival des Malins Plaisirs (leur site ICI)

 

Concernant les images de cet article : ces croquis sont typiquement ce que je nomme des « crayombres ». Je ne voyais pas du tout mon carnet.