eruption

 

Eruptions est terminé. L’écriture a été un plaisir, je me suis découvert un style. Je relis une énième fois le texte, corrige les fautes que je vois encore. Plus je lis, plus je suis surpris. J’écris bien. Très bien. Je pense que le livre peut faire un best-seller. Ces mots ne sont pas prétentieux, ils sont ambitieux. Trois bêta-lecteurs lisent mon livre, leur retour est excellent. Tous ont adoré. Cela me conforte. Je me lance à l’assaut des maisons d’édition.

Je sais qu’Eruptions sera publié par les petites maisons d’édition. Alors, je vise d’abord les grosses. D’abord celles acceptant les envoient par mails. J’imprime ensuite cinq manuscrits, en envoie deux. Seulement deux.
Je me rends compte de quelque chose d’important. Le plus important. Pourquoi écris-je ? La réponse est simple, pour les lecteurs. Ce sont les lecteurs qui donnent une âme, une vie à un livre. Je sais que mon livre va plaire. Alors pourquoi une maison d’édition ? Je pousse le raisonnement plus loin, pourquoi le faire payer ?

Je réfléchis à un moyen d’avoir un revenu tout de même. Il faut bien vivre et faire vivre sa famille. Je contacte les autorités locales de la Réunion, leur explique mon projet et demande une subvention ou une bourse. On me répond que ce n’est pas possible. Tant pis, je marcherai seul sur ce projet.

Je contacte un correcteur. Eruptions doit être le plus propre possible pour les lecteurs. Le délai est assez long. Je m’éloigne un peu du texte, j’ai un projet entreprenariat plus terre à terre à mener.
Les jours passent, mon entreprise ne décolle pas, j’arrête les frais. Le correcteur me fait un premier retour en novembre. Il trouve que j’ai du style, c’est un bon point.

Début décembre, je me rends compte que je n’ai pas eu de réponse des maisons d’édition. Elles sont pourtant assez réglos sur le délai de trois mois. J’appelle une première. On m’informe que mon texte est passé au comité de lecture. Je suis pris d’euphorie. Ce n’est pas une publication, loin de là, mais le texte a franchi le premier écrémage. Du coup, je balaie mon projet du revers de la main. Je donne la priorité à cette maison et décide d’attendre leur réponse.

Fin décembre, le correcteur vient me voir. Il a fini les corrections. Il a trouvé mon livre excellent. Je lui prête une franchise totale, une objectivité impartiale. C’est donc un bon signe. Je lui parle de mon projet initial. Il argumente que je peux avoir de l’argent avec ce livre. Il me parle même d’adaptation cinéma. Il va trop loin, trop vite, je le sais, mais je suis flatté de cet avis. Je prends aussi conseil avec d’autres lecteurs auprès de moi. Ils me disent qu’ils ne téléchargeraient pas forcément un livre gratuit. C’est suspicieux, synonyme d’amateurisme. Donc un ebook gratuit, c’est une fausse bonne idée. De toute façon, j’attends la réponse de l’éditeur.

Début janvier, j’appelle le second éditeur à qui j’ai envoyé le manuscrit par la poste. La réponse est la même que pour la précédente. Le texte est en comité de lecture. Je dois patienter « plusieurs semaines ».

L’attente est difficile, surtout si près du but.

Je traîne un peu sur le Net, sur le forum Jeunes Écrivains. Je vois le topic de Hel, elle s’est lancée dans l’auto-édition. Le déclic. Elle écrit « prendre les choses en main ». Moi aussi je prendrai les choses en main. J’en reviens à mon choix de me passer d’une maison d’édition... Pour l’instant.

Le soir même, je me lance sur Amazon. Je ne connais que ça pour le moment pour l’auto-édition. Je m’inscris. Première déception, Amazon propose une promotion gratuite, mais il faut leur donner l’exclusivité pour 3 mois. Deuxième déception, je mets un prix à mon livre, mais je le veux le plus bas possible. 0,99 euros, Amazon ne m’offre que 35% de droits d'auteur. Pour en avoir 70%, il faut un prix minimum de 2,99 euros. Tant pis, je veux mon prix à 0,99 euros. Pour le reste, Amazon est intéressant. L’auteur peut choisir sa couverture et la conversion de l’ebook est assez fidèle à la source. Je clique. Ca y est, je suis auteur.

Eruptions n’est en ligne que le lendemain matin. Il faut un délai de douze heures minimum.
Voilà, maintenant, c’est fait.
Le plus dur commence.

Amazon permet à l’auteur de voir la courbe des ventes et des vues de sa page. Je suis resté scotché à cette courbe, plutôt à cette ligne, pendant deux jours. Une vente. Une seule. Je ne m’y attendais pas. Je pensais que ça aurait été plus prolifique. Eh non ! Je dois amener le lecteur à découvrir mon roman. Je profite de la promotion gratuite. Quatre jours. La courbe monte cette fois. 85 exemplaires téléchargés en quatre jours. Je suis satisfait. Mais je sais que dans ces 85, se trouvent des personnes qui ont téléchargé le livre compulsivement, parce que c’était gratuit.

Je profite de ce coup de fouet. Je recherche des partenariats avec des blogueuses. Laura Atréides du forum Jeunes Écrivains me contacte. Elle préfère lire en epub. Sa chronique tombe quelques jours plus tard. Elle a aimé l’histoire, moins la mise en page.

Nouveau problème. Amazon avait fidèlement converti mon texte. Pas le logiciel Calibre. Je regarde la version que j’ai offerte à Laura. Italique, gras, aligné à droite, tout cela n’existe pas dans l’epub. Tout cela est important dans Eruptions. Je passe deux jours à chercher une solution. Je comprends finalement qu’il faut passer par la version HTML avant l’epub. Là, c’est mieux. Le texte est plus conforme à la source. Il reste le souci d’alignement à droite, mais je ne trouve pas ça très gênant.

D’autres blogueuses acceptent de lire mon roman. Je leur offre l’epub. Les contacts sont chaleureux, bon enfant. Je suis heureux de faire ces rencontres virtuelles. Mais toutes sont overbookées. Sauf Zélie Jumel. Elle lit mon texte en une après-midi. Elle l’a aimé aussi. Elle me propose également une interview, ma première en tant qu’auteur. Grisant.

J’en suis là...

Un mois après la mise en ligne d'Eruptions, j'ai vendu 25 exemplaires du roman. Ce n’est pas énorme, sauf pour moi. J’ai eu trois commentaires de cinq étoiles sur Amazon, c’est super. Je continue de contacter des blogueuses pour des partenariats. Elles sont des intermédiaires obligées entre les autres lecteurs et moi.

Je suis heureux de m’être lancé dans cette aventure, mais je ne suis toutefois pas un porte-drapeau de l’auto-édition. Si les grosses maisons d’édition me donnent 10 000 euros d’à-valoir pour Eruptions, je signerai chez eux. Il faut bien vivre. L’auto-édition est une opportunité à un moment T et pour un livre dont je suis fier.

Je ne regrette rien de ce parcours. Il est hésitant, un peu naïf, mais c’est une expérience extraordinaire. Je garde toutefois toujours en tête, mon but premier, le partage avec les lecteurs. Car sans lecteur, il n’y a pas d’auteur...

P.M. Lorenz

 

Page Facebook : https://www.facebook.com/PM-Lorenz-381203268671100/

Lien sur Amazon : http://www.amazon.fr/Eruptions-P-M-Lorenz-ebook/dp/B01B00Y3ZG